Tag Archives: travailler moins

Travailler moins, travailler tous, vivre mieux.

http://www.franceinfo.fr/actu/societe/article/travailler-moins-pour-vivre-mieux-63817

Les mois se succèdent et le chômage est toujours là, et de plus en plus destructeur pour notre société. De la suppression de l’autorisation administrative réclamée et obtenue par le CNPF (ancêtre du MEDEF) dans les années 80, à la baisse massive des cotisations patronales offert par F. Hollande et son Premier ministre, en passant par l’extraordinaire cadeau de la baisse de la TVA pour les restaurateurs…les syndicaux patronaux auront su tirer parti de la situation par des promesses d’embauche bien difficile finalement à prouver. Cette politique de l’offre pourrait améliorer la compétitivité de certaines entreprises, celles qui installées en France, se battent sur un marché international, malheureusement le Gouvernement a décidé de ne pas « trier » les entreprises et toutes bénéficient de ce qui apparaît pour un grand nombre d’entreprises comme un superbe cadeau.

Nos voisins allemands avaient semblent-ils mis en œuvre une politique de l’emploi plus efficace ; créer des sous-emplois sous-payés. Certes le nombre de chômeurs a baissé, mais le nombre de travailleurs pauvres a cru et les électeurs allemands dans leur majorité ont souhaité l’instauration d’un salaire minimum pour mettre fin à des situations visiblement indignes dans un pays dont l’économie affiche une santé florissante.

Si on compare le PIB des années 80 à celui de nos années, on constate que ce fameux PIB source d’emplois et de bonheur consommateuriste a été plus que multiplié par deux alors que dans le même temps le chômage lui est resté bien stable…les faits sont têtus décidément. Une partie de la population est repue de tous les gadgets technologiques, a déjà fait tous les week ends tout compris au départ de nos aéroports, songe déjà à sa future Audi alors que la dernière est toujours sous leasing et qui a déjà l’IPhone 37….tandis que l’autre partie lutte pour repousser des fins de mois toujours plus proche du début, bavant sur le mode de vie des premiers.

Et si on envisageait un autre modèle ? Celui du partage.

Le dernier partage du temps de travail date du Gouvernement Jospin à la fin des années 90. L’aspect a priori dogmatique de la mesure a entrainé plus d’avantage pour les entreprises que ce que les représentants des syndicats patronaux veulent bien le dire ; chaque entreprise ayant une saisonnalité de son activité a su profiter de la souplesse de cette mesure pour annualiser une partie des heures de travail. Cette mesure a donc apporté davantage de souplesse que de création d’emploi.

Pour les salariés, l’avantage du passage aux 35h/semaine a bénéficié peut plus aux cadres qui ont pu obtenir un petit matelas de jours de RTT bienvenu pour compenser des semaines de travail chargées. Les employés et les ouvriers ont été probablement les victimes de cette mesure pourtant de gauche ; les salaires ont été bloqués ce qui a considérablement réduit leur pouvoir d’achat alors que la réduction du temps de travail les a contraint à une productivité accrue. Nicolas Sarkozy l’avait bien compris en réhabilitant la valeur travail et la défiscalisation des heures supplémentaires. Les salariés les plus modestes ont bien entendu le message et en 2002 ont soutenu sa candidature.

Michel Rocard. Source ; La voix du Nord

Pourtant la musique de la réduction du temps de travail reprend ; Michel Rocard dans un entretien au JDD (http://www.lexpress.fr/actualite/politique/michel-rocard-favorable-a-une-reduction-du-temps-de-travail-et-a-la-retraite-a-65-ans_1214019.html) propose une réduction du temps de travail et un départ en retraite à 65 ans, d’autres acteurs de l’économie moins connus abordent également cette possibilité.

 Quels avantages tirés d’une réduction du temps de travail ?

  • Une probable création d’emplois à condition que la réduction soit forte.
  • Cette réduction couterait sans doute des dépenses budgétaire à l’Etat obligé par la situation de compenser l’augmentation des dépenses de personnel, toutefois l’Etat peut le faire dans la mesure de la diminution des dépenses liées à la baisse du coût du chômage ce qui n’accroitrait pas le déficit budgétaire.

Si les avantages sont réels, ils risquent d’entrainer mécaniquement par un effet de vases communicants une diminution des revenus de certains travailleurs. Là où la gauche ne l’avait pas anticipé avec la loi Aubry, il serait nécessaire d’accompagner cette réduction du temps de travail et des revenus de certains par un accompagnement sociétale et un plus grand projet de solidarité nationale. Je m’explique ; cette réforme ne doit pas être vue comme une simple réduction du temps de travail mais comme une démarche solidaire de partage du travail et des revenus. Partager le travail et les revenus doivent s’accompagner d’une révision de la structure du budget des ménages. Autrement dit pour certains ménages, il faudrait gagner moins, dépenser moins et vivre mieux.

Ceci est une piste de réflexion qui mériterait à coup sûre d’être amendée et développée, mais qui permettrait de sortir du face à face ; rigueur/austérité modèle libéral versus croissance/pouvoir d’achat modèle Keynésien. Ces deux approches reposent sur une lutte pour le partage de la valeur ajoutée, ne serait-il pas temps de dépasser le temps de cette lutte pour celui de la solidarité ?