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Le bio, mouton noir des lobbies productivistes ?

On constate chaque jour la volonté de consommer des produits issus de l’agriculture biologique. Dans la consommation des ménages, dans les écoles, dans certaines cantines d’entreprises. Cette augmentation de la demande existe à la fois en France mais également dans d’autres pays européens. Les citoyens pour un nombre croissant ont bien compris la nécessité de manger sain. Les différents scandales alimentaires, de la vache folle, aux lasagnes à la viande de cheval en passant par la tremblante du mouton et le soja transgénique ont raison des dernières réticences.

Ce mode de consommation est toutefois freiné par son coût. Il reste difficile pour un foyer ayant un seul revenu et des enfants à charge de manger bio, il faut le reconnaître. Le circuit court et pas forcément bio représente une solution plus abordable en termes de rapport qualité prix. Le groupe Carrefour est le premier vendeur de produits bio en France. S’il n’est pas question de promouvoir un géant de la distribution, on peut toutefois lui reconnaître une certaine connaissance du marché. Si ce groupe s’est engagé dans le Bio c’est bien qu’il y a une demande potentielle.

Pour une fois que la demande des consommateurs rejoint l’intérêt écologique, faudrait peut-être en profiter, non ?

Ce mode d’agriculture en France a besoins d’aides financières, pour permettre aux agriculteurs d’assurer la transition entre l’agriculture productiviste et le bio. Hors les moyens attribués à ce mode de production ne sont pas revalorisés, voire sont diminués. L’annonce par arrêté en date du 7 mars 2015 d’une coupe franche de 25 % sur les aides au maintien pour la récolte 2014 ainsi que les difficultés que connaissent les structures d’appui à l’agriculture bio pour développer ce mode de production dans les régions a été faite par le ministère de l’agriculture. Ne plus vouloir accompagner l’agriculture biologique est un mauvais signal envoyé aux agriculteurs, aux consommateurs et à nos territoires.

La France est déjà critiquée sur la qualité de ses eaux, où les conséquences de l’utilisation des pesticides dans notre environnement sont mises en évidence par la disparition des colonies d’abeilles, où l’inefficacité des plans de réduction de pesticides est avérée, où les importations de soja OGM pour les élevages concourent au maintien de la monoculture de maïs.

A qui profite cette mauvaise décision ? Allons une fois encore les puissants lobbies d’une agriculture productiviste sont à la manœuvre. Ne peut-on pas les voir dans cette prise de décision ? Ils sont déjà hyper actifs dans les négociations TAFTA menées au niveau européen. La création de fermes usines ces dernières semaines plaide également vers une industrialisation des élevages et de la production laitière.

Consommateurs et électeurs, réveillons-nous !

Il serait temps que chacun de nous vote aussi avec sa carte bancaire ou son billet de banque. Nos achats marquent des volontés d’engagement vers des systèmes de production très différents. On ne peut plus se cacher derrière le manque de choix proposés. Il y a bien un choix citoyen et un choix « hyperconsommatoriste ». Encourageons le bio par nos achats.

Les politiques tant européennes, que nationales ou encore régionales doivent s’emparer de la transition du modèle agricole. L’accompagnement de la conversion et du maintien des surfaces doit être un axe fort des politiques. Les politiques d’investissement, l’encouragement à l’innovation et au conseil, ainsi que les aides directes aux agriculteurs doivent aller en priorité aux modes de production qui n’utilisent pas de pesticides, d’engrais, d’OGM, et qui favorisent l’emploi, la biodiversité, et la gestion de la ressource en eau. Votons pour des candidats qui s’engagent dans le soutien à l’agriculture bio de nos régions.