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Ségolène Royal collectionne les vignettes de couleur…

Cette chère Ségolène n’est plus à une contradiction politique près. Si on peut lui concéder un bon sens politique, sa véritable préoccupation écologiste reste à prouver. Dernière mesure ; la résurrection de la pastille verte initiée par Dominique Voynet dans les années 90. Mme Royal est contre l’écologie punitive mais en même temps affirme le totem du pollueur payeur, va comprendre ! Les bonnets rouges de Bretagne doivent bien se marrer en l’attendant, eux qui ont réussi à faire plier un Gouvernement sans consistance. D’autres moins polis utiliseraient un autre vocable.

Donc revoici la vignette écologique. On peut mettre à son actif l’importance du rôle des véhicules dans la pollution et la sensibilisation du citoyen. Nos villes sont soumises toutes l’année à un fonds de pollution important dont on ne parle que les jours de pic mais qui chaque jour contribue à la dégradation des conditions de santé des habitants. Il est donc urgent d’agir.

Infographie AFP

Mais pour faire plus simple, les couleurs se multiplient…ainsi les automobilistes vont pouvoir parler au café du commerce sur la couleur de leur propre vignette. De quoi faire parler de futilité pendant que les mesures nécessaires à la lutte contre la pollution automobile et le réchauffement climatique ne sont pas prises. Plus important sur le fonds, la vignette n’est en rien obligatoire. Les propriétaires des véhicules les plus récents apposeront fièrement leur vignette bleue ou verte, pour les autres… Deuxième frein ; toutes les villes n’adopteront pas ce type de mesures restrictives ou avantageuses. Grenoble a annoncé qu’elle mettrait en place le dispositif, Clermont-Ferrand ou Aix-en-Provence y sont opposées. Donc si vous vivez dans une ville de droite, vous pouvez continuer à polluer. L’aspect gadget de cette mesure est donc réel.

La bonne mesure pour lutter contre la pollution automobile reste la limitation drastique de la circulation automobile. Il est plus que nécessaire de mettre en œuvre une politique d’investissement en faveur du développement des transports en commun et plus des autoroutes comme annoncé dernièrement par le Gouvernement, une fiscalité qui rétablirait l’équilibre entre le gasoil et l’essence sans plomb…. bref une vraie politique de fonds et pas des mesurettes typiques d’une politique qui se pare de vertus écologistes mais qui n’est que gadget.

Une transition écologique qui manque de souffle.

 Attendu depuis plusieurs mois, le projet de loi sur la transition écologique vient d’être présenté en Conseil de ministres par Ségolène Royal. L’importance de cette transition est cruciale pour notre avenir et détermine le fonctionnement de notre société pour les cinquante ans à venir.

Que retenir de ce projet ? Je me garderais d’être un ayatollah de l’écologie, les mentalités évoluent vers l’écologie, doucement il est vrai, mais un bon nombre de français intègrent dans leur raisonnement la nécessité de faire évoluer notre modèle de consommation. Les élus jusqu’alors plutôt prudents et en retrait savent bien qu’au-delà des querelles politiques et partisanes les solutions avancées depuis déjà longtemps par les écologistes sont incontournables. Ségolène Royal avec ce projet participe à faire avancer ces idées.

L’objectif d’une plus grande sobriété en énergie fossile et en énergie nucléaire est louable, c’est même un préalable indispensable. Mais en matière d’écologie, la meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas, répétons-le ! Notre pays est encore dépendant d’une consommation jusqu’alors relativement bon marché, et ces dernières années, les politiques ont laissé filer la consommation des ménages sans avertir des nécessités d’un changement de mode de consommation. L’augmentation du coût de l’énergie frappe les ménages et les entreprises, notre dépendance auprès d’autres pays en gaz et en pétrole rend le contrôle du prix de ces énergies impossible, la transition s’impose d’une certaine manière d’elle-même. En diminuant cette consommation fossile, on met en œuvre un modèle vertueux de diminution à la fois de la consommation mais également du déficit de la balance du commerce extérieur.

Les objectifs de ce projet sont relativement ambitieux ; réduire la consommation finale de 50% en 2050 par rapport à 2012, la consommation des énergies fossiles de 30% en 2030, parvenir à 32% d’énergie renouvelable en 2030 (contre 13,7% en 2012) et diminuer de 40% les gaz à effet de serre à l’horizon 2030.

Mais pour atteindre ces objectifs le Gouvernent a peut-être manqué de souffle. En effet si les efforts d’économie vont porter principalement sur la consommation énergétique des bâtiments (44 % de la consommation nationale) et sur les transports (32 %) qui sont les plus gros postes de dépenses énergétiques, on aborde ces économies essentiellement par l’optimisation de l’efficacité énergétique et non par sa diminution par un changement de mode de consommation. Autrement dit, on tente de diminuer la consommation par le dénominateur sans toucher au numérateur. On est là dans l’approche de Ségolène Royal d’une écologie « douce » qui ne serait pas punitive, plutôt une écologie d’accompagnement, ou comment faire perdurer notre mode de vie tout en en limitant son impact sur l’environnement, son coût pour les ménages et la balance du commerce extérieur de la France. C’est dommage de limiter ainsi le rythme et l’ampleur de cette transition.

 Par ailleurs de nombreux points restent à aborder :

Le dossier du nucléaire est dans la main d’EDF ; le Gouvernement a fixé l’objectif de ramener la part du nucléaire à 50 % au lieu de 75 % dans la consommation d’électricité, mais la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim n’est pas abordée, et il est probable que l’opérateur préfère fermer un réacteur dans une centrale que de s’engager plus nettement dans la transition en fermant de manière définitive Fessenheim ;

Quid de l’agriculture, de l’urbanisme, des transports ? Va-ton laisser le modèle des trente glorieuses qui de l’étalement urbain, du productivisme agricole, et du transport par camions et voitures perduré ? Ne pas l’aborder s’apparente à un manque de courage politique ;

Le manque de professionnels qualifiés pour réaliser ces travaux d’isolation est faible, en effet le Gouvernement Fillon n’a pas anticipé ces besoins et le secteur reste déficitaire en nombre de formateurs et de professionnels pour rénover 500 000 logements par an d’ici 2017 ;

Enfin le financement relève d’un mix de financement : prêts aux collectivités, allègements fiscaux, différents prêts à taux zéro etc…s’appuie sur la volonté de ces différents acteurs. Le Gouvernement affiche des objectifs plutôt ambitieux tout en restant en retrait sur la nécessité impérieuse de les réaliser.

Souhaitons que ces points soit abordés au cours des différentes discutions au Parlement. Il ne reste que quelques années de mandat à François Hollande et la transition énergétique pourrait constituer une de ses rares réussites à la tête de l’Etat pour peu que le Gouvernement s’engage plus clairement dans un changement de modèle énergétique.