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Ville 30km/heure, ville pour tous-tes.

Dans plusieurs villes de France, dont dernièrement Grenoble, la vitesse maximale autorisée passe de 50km/h à 30km/h. Cette mesure va dans le sens de l’amélioration de la qualité de l’air mais plus largement dans le sens d’une ville plus apaisée.

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Toutefois cette annonce de baisse de la vitesse est à pondérer. En effet 50km/heure est la vitesse maximale autorisée, la réalité de la vitesse moyenne en ville est plus proche de 20km/h. La baisse de la vitesse maximale autorisée entraine donc en réalité une baisse de 10 points de la vitesse moyenne.

Pour autant cette baisse de la vitesse moyenne a de nombreux effets positifs pour la vie en ville :

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Inverser la hiérarchie des utilisateurs de la chaussée.

On le sait la voiture est un outil de domination. De nombreuses études sociologiques ont démontré à quel point l’Homme et plus souvent l’homme affirmait sa position de domination dès lors qu’il est au volant. Abaisser la vitesse en ville, c’est diminuer sa supériorité de vitesse de déplacement et c’est donner aux modes doux toute sa place et son rôle pacificateur de l’espace urbain.

Sécurité et confort de ville.

– une baisse du nombre d’accidents entre véhicules et piétons ou cyclistes, des accidents moins mortels puisque la mortalité passe de 90 % à 50 % lors de collisions.

– des déplacements en vélos et à pieds par conséquent plus sécurisés par la diminution du différentiel de vitesse entre les véhicules, les cyclistes et les piétons.

– un niveau sonore bien plus faible qui permet un confort de vie supérieur.

Diminution de la pollution atmosphérique et mesure sociale.

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Des études récentes effectuées sur Paris intramuros ont démontré que si la pollution était sensiblement la même sur la globalité de la capitale, ses conséquences étaient bien plus marquées dans la population la plus pauvre du 19ème arrondissement que dans celle bien plus aisée du 7ème. Pourquoi ? Les classes sociales aisées ont de multiples occasions de s’extraire de cette pollution : week-end à la campagne, vacances régulières…toutes occasions que ne peuvent pas avoir les plus pauvres forcément confinés dans cette pollution. En diminuant la pollution on participe à l’amélioration de la santé de tous et encore davantage de celle des plus pauvres.

Pourtant les détracteurs de la mesure avancent le fait que les véhicules fournissent un meilleur rendement moteur à 50 km/heure et que la limitation de la vitesse maximale entrainerait une consommation supérieur des voitures et donc une augmentation de la pollution…A cet argument, j’oppose comme je l’écris précédemment que la vitesse réelle n’est déjà pas celle de 50km/h. De plus cette baisse de la vitesse peut permettre la suppression de feux et panneaux stop sur des axes secondaires, ce qui permet de réguler le trafic en limitant les démarrages et freinages successifs.

Les mesures à prendre relève d’un mix conférant à la diminution de la place de la voiture en ville :

– baisse donc de la vitesse maximale autorisée à 30km/h en ville et à 50km/h sur le périphérique ;

– éradication progressive du diesel.

– lors des pics de pollution, circulation restreinte et incitation à l’usage des modes doux ;

– réservation de voies de circulation aux transports en commun et covoitureurs sur les pénétrantes ;

– mise en place d’une zone de circulation restreinte qui pourrait être élargie lors des pics de pollution.

Nul doute que les travaux actuels en matière d’impacts de la pollution liée à l’automobile sur la santé des habitants devra amener des mesures fortes. Les Plans de Protection de l’Atmosphère sont des outils administratifs (diagnostic – information – actions) que les élus municipaux doivent utiliser. Les élus-es écologistes devront là encore montrer le chemin et contribuer à faire évoluer une situation qui n’est plus acceptable au regard de la santé des populations.

Ségolène Royal collectionne les vignettes de couleur…

Cette chère Ségolène n’est plus à une contradiction politique près. Si on peut lui concéder un bon sens politique, sa véritable préoccupation écologiste reste à prouver. Dernière mesure ; la résurrection de la pastille verte initiée par Dominique Voynet dans les années 90. Mme Royal est contre l’écologie punitive mais en même temps affirme le totem du pollueur payeur, va comprendre ! Les bonnets rouges de Bretagne doivent bien se marrer en l’attendant, eux qui ont réussi à faire plier un Gouvernement sans consistance. D’autres moins polis utiliseraient un autre vocable.

Donc revoici la vignette écologique. On peut mettre à son actif l’importance du rôle des véhicules dans la pollution et la sensibilisation du citoyen. Nos villes sont soumises toutes l’année à un fonds de pollution important dont on ne parle que les jours de pic mais qui chaque jour contribue à la dégradation des conditions de santé des habitants. Il est donc urgent d’agir.

Infographie AFP

Mais pour faire plus simple, les couleurs se multiplient…ainsi les automobilistes vont pouvoir parler au café du commerce sur la couleur de leur propre vignette. De quoi faire parler de futilité pendant que les mesures nécessaires à la lutte contre la pollution automobile et le réchauffement climatique ne sont pas prises. Plus important sur le fonds, la vignette n’est en rien obligatoire. Les propriétaires des véhicules les plus récents apposeront fièrement leur vignette bleue ou verte, pour les autres… Deuxième frein ; toutes les villes n’adopteront pas ce type de mesures restrictives ou avantageuses. Grenoble a annoncé qu’elle mettrait en place le dispositif, Clermont-Ferrand ou Aix-en-Provence y sont opposées. Donc si vous vivez dans une ville de droite, vous pouvez continuer à polluer. L’aspect gadget de cette mesure est donc réel.

La bonne mesure pour lutter contre la pollution automobile reste la limitation drastique de la circulation automobile. Il est plus que nécessaire de mettre en œuvre une politique d’investissement en faveur du développement des transports en commun et plus des autoroutes comme annoncé dernièrement par le Gouvernement, une fiscalité qui rétablirait l’équilibre entre le gasoil et l’essence sans plomb…. bref une vraie politique de fonds et pas des mesurettes typiques d’une politique qui se pare de vertus écologistes mais qui n’est que gadget.

Le diesel nuit gravement à la santé.

Les alertes se multiplient sur le danger des véhicules qui roulent au diesel, sans conséquences.

Le 19 mai 2011, la commission Européenne a assigné la France en justice pour non-respect des seuils de particules, imposés depuis 2005

Depuis 2012, le Centre International de Recherche sur le Cancer, l’agence de l’organisation Mondiale de la Santé, a classifié les gaz d’échappement des moteurs diesel dans la catégorie « cancérigènes certains  à cause de la dangerosité des « toutes petites particules » émises lors de la combustion du gasoil. Ces particules, émises aussi par le chauffage au bois et l’industrie, seraient en France à l’origine de quelque 42.000 morts prématurées chaque année, selon le ministère de l’Ecologie. Le diesel émet par ailleurs un gaz, le dioxyde d’azote (NO2), responsable de maladies respiratoires et cardio-vasculaires.

« Nous n’avons plus d’autre choix que d’interdire l’accès de certaines agglomérations aux diesels les plus polluants », nous rappelait Isabelle Derville, responsable de la qualité de l’air au ministère du Développement durable et des transports, dans « Sciences et vie » d’avril 2012.

L’automobile représente un quart de l’émission de particules fines.  Le parc automobile diesel (véhicule + camions) représente 72.4 % du parc français. Ailleurs que dans le monde la technologie diesel est peu utilisée ; 30 % en Allemagne, pratiquement pas au Etats Unis…

On demande aux personnes âgées, aux populations à risques, aux petits enfants, de rester chez eux. On alimente la peur, sans interdire la circulation pour marquer les esprits. On limite la vitesse. Dernièrement on a mis en place à Lyon après près de dix jours d’alerte aux particules, les transports en commun gratuits. A Paris, une journée seulement on a appliqué la circulation alternée. Mais la cause principale de cette pollution n’est pas vraiment remise en cause, il faut que cela change, la politique de la rustine a fait son temps.

 

Il est temps :

  • Comme pour le tabac, interdire  la publicité pour les moteurs diesel
  • de mettre en place un bonus-malus contre les particules  et envisager une prime à la casse  pour les voitures anciennes roulant avec ce moteur ?
  • interdire la circulation aux véhicules diesel des particuliers dans les centres ville.
  • d’effectuer des livraisons du dernier kilomètre avec des véhicules « propres »