Tag Archives: journée de la femme

8 mars, la femme est l’avenir de la femme.

Chaque année à l’arrivée des primevères, revient la journée de la femme. Temps de bilan sur la place de la femme dans la société, moment parfois de raillerie et de perles de la misogynie. On mesure chaque année l’évolution, heureusement positive, en faveur de l’égalité des femmes et des hommes. Bien sûr, si on compare le rôle de la femme des années 50 avec son rôle maintenant, l’évolution peut paraître très importante, mais c’est une mesure sur plus de soixante ans. La place des femmes dans la société bien qu’elle progresse est encore à gagner dans les chiffres, mais plus encore dans les esprits où les freins plus ou moins conscients sont forts. Et pas seulement chez les hommes…

La loi sur l’égalité professionnelle homme femme a permis une prise de conscience de la nécessité à faire évoluer une situation très déséquilibrée entre les genres. Elle porte ses fruits, mais ces derniers ne poussent pas si vite ! L’accès à des postes de cadres dirigeants reste difficile, réservé à quelques femmes judicieusement misent en avant en terme de communication. Aussi bien dans le domaine privé que dans la fonction publique, les femmes ont encore des difficultés d’accès aux postes les plus importants en termes de responsabilité et de rémunération.

L’écart de rémunération s’explique pour moitié par le taux d’activité des femmes, les femmes sont encore nombreuses à travailler à temps partiel, également pour une moindre part par le niveau de diplôme et de cursus. Le véritable écart de discrimination est de l’ordre de 10 %. Le vrai problème est donc le temps partiel subit. C’est sans doute sur ce point qu’il faut travailler.

Ce fameux temps partiel subit dont les femmes sont les victimes à plus d’un titre. Salaire faible, travail peu qualifié, horaires de travail décousus…la femme est devenue une variable d’ajustement de l’économie tertiaire. Subit par les femmes en raison du grand nombre de postes offert dans ces conditions, subit par les femmes pour leur donner la possibilité de cumuler une activité salariée nécessaire au budget familial.

La gestion quotidienne des enfants, de la gestion ménagère est donc trop souvent laissée aux femmes. Au prétexte que l’homme travail !!!…la théorie du genre s’applique encore avec force ; si le fait de voir un homme passer l’aspirateur ou mettre la table est heureusement plus fréquent, le fait de le voir débarrasser la table, ou repasser le linge reste plus marginal, beaucoup plus. L’image sexy d’un homme en sous vêtement devant un lave-linge reste encore du niveau de l’imagerie gay, cette représentation n’a pas encore touchée les hétéros faut-il croire.

La loi oh combien nécessaire hélas pour faire avancer la cause des femmes et leur juste place dans la société ne peut pas tout. Elle ne peut pas vraiment ou pas assez vite faire évoluer les mentalités. Faut-il que la société compte sur les hommes pour faire une place aux femmes ? Ce serait sans doute un pari perdu d’avance pour que l’accès des femmes à des postes à responsabilité soit effectif. Cette évolution, cette révolution ce sont surtout les femmes qui doivent la mener. Trop souvent, par habitude, par tradition, par précepte religieux supposé et par toutes les mesures conservatrices de nos sociétés, les femmes sont enfermées et  s’enferment parfois elles-mêmes dans ce carcan qui les empêche de construire leur propre destin. Aux femmes et aux hommes qui les soutiennent de se lever et de s’imposer enfin. Le mouvement conservateur existe toujours et l’égalité des femmes et des hommes reste un combat à mener. Les femmes qui ont su se montrer présentes pendant la Grande guerre pour faire vivre le pays, les femmes engagées dans la Résistance, les femmes aux tâches les plus dures dans les usines, les femmes dans la rue dans les combats féministes des années 70…toujours là, inlassablement là, devront encore manifester pour l’application de leurs droits et plus encore pour l’évolution des mentalités. Aragon disait que la femme était l’avenir de l’Homme, c’est toujours vrai mais ne doit-elle pas être aussi la force de sa propre place dans la société ?