Tag Archives: industrie

Vers une politique industrielle européenne en faveur des territoires

Le thème du chômage de la désindustrialisation sera au cœur des débats politiques liés aux élections présidentielles et législatives. La désindustrialisation de la France est une catastrophe économique, lourde de conséquences négatives pour les territoires : chômage, paupérisation, perte de dynamique économique, sentiment d’abandon des populations les moins formées, monté des votes de repli…

Afficher l'image d'origine

source ; Sénat

Depuis des décennies le débat est pour partie faussé pas par des positions simplistes. S’opposent le modèle du low cost basé sur la nécessité de la baisse des coûts du travail qui justifie une mondialisation débridée versus un modèle industriel cocardier du « made in France » porté par une vision nationaliste totalement dépassée. De ces débats réducteurs, les français pensent communément que les écologistes seraient favorables uniquement à l’artisanat, que nous rejetterions l’industrie jugée polluante et productiviste. Nous écologistes devons combattre cette idée fausse et porter haut notre approche dans un débat dont nos adversaires politiques veulent nous exclurent.

Afficher l'image d'origine

Le tissus industriel français souffre de difficultés structurantes par rapport à ses concurrents ; un secteur composé à près de 85 % de PME/PMI. Ces industries souvent soumises à des donneurs d’ordre luttent pour survivre en alignant leurs coûts de production sans parvenir à dégager les marges indispensables à la recherche et au développement, à la montée en gamme, au concept de qualité global. La stratégie industrielle française a produit des mastodontes censés par leur puissance financière faire face à la concurrence mondiale. Cette stratégie est pour partie un échec industriel. Il ne suffit pas de « gonfler » le moteur d’industries françaises pour en faire des géants adaptés au marché mondial. La dernière preuve de cet échec ; AREVA et EDF. Ironie de l’histoire s’en sort l’industrie soutenue à bout de bras par la politique militaro-industrielle du Président Hollande.

Pour nous écologistes, plus que jamais l’Europe doit être le moteur industriel des territoires. Hors la stratégie industrielle européenne fait défaut. L’opportunité de faire coïncider les nécessités de réduction du réchauffement climatique et de développer les territoires via une politique industrielle est forte. Les secteurs industriels du transport, de l’énergie, du bâtiment sont porteurs d’avenir, et notre pays est fort d’entreprises innovantes dans ces domaines.

Pour réussir cette politique industrielle volontariste et ambitieuse, il faut orienter les choix européens vers le changement d’échelle industriel pour la France. Passer de la PME/PMI à l’ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire). Pour cela il est nécessaire de mettre en place :

– une fiscalité plus favorable au PME/PMI notamment en favorisant une production vertueuse dans sa consommation d’énergie et ses rejets industriels.

– un soutien aux innovations d’avenir ; technologiques mais aussi sociales. Plus que jamais cette mutation industrielle doit engendrer son corolaire social (formations des personnels, plan de carrière, dialogue permanent avec les syndicats)

– l’intégration de ces ETI dans des territoires structurés par l’économie circulaire.

Cette stratégie orientée vers les territoires et les entreprises de tailles intermédiaires ne peut réussir sans une mutation du paradigme économique européen. Il est indispensable à la fois pour la réussite industrielle mais encore davantage pour le soutien démocratique des peuples à l’idée européenne de favoriser les échanges extra-européens en tenant compte de critères sociaux et environnementaux intégrant d’éventuels mesures financières compensatoires. Ces fonds européens doivent permettre d’assurer aux salariés une sécurité professionnelle pendant les temps de mutation et de restructuration, de formation et de reconversion.

Ne pas douter que le débat politique sera préempté par les opposants de tous poils à la construction européenne. Nous écologistes ne devons pas renoncer à notre idéal européen pour un point ou deux à une élection. Ce n’est pas en dévalorisant l’Europe au profit d’un repli national qu’on permettra aux salariés de travailler, mais en donnant une direction d’avenir européenne.