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Tout est là, il ne manque plus que nous…

radicalite

La financiarisation de l’économie, l’influence de puissants lobbies internationaux, le terrorisme… sont très préoccupants pour nos démocraties. Le souhait des Hommes est de vivre dans un monde sécurisé par une paix durable, un environnement préservé, une constante amélioration des droits. Cette aspiration est menacée par la montée des égoïsmes qui finit par nous mettre dans l’incapacité de faire ensemble maison commune. Face à ces menaces l’écologie est la seule solution.

Alors que notre approche écologiste devrait naturellement s’imposer, nos résultats électoraux oscillent entre moins de 5 % des voix, parfois proche de 20 % dans des circonstances très favorables.  Pour faire simple, nous sommes satisfaits au-delà de 10 % !  Souvent empêtré dans des querelles internes, nouant des alliances politiques variables, parfois au détriment de nos convictions profondes, EELV a fini par apparaître non seulement un parti comme les autres, mais un parti pire que les autres aux yeux des électeurs.

De ce constat, j’ai choisi de m’engager en signant pour la motion  ‘’Écologie en Commun“ afin que notre mouvement gagne en crédibilité et atteigne désormais la maturité politique que les Français-es exigent de nous.

Nous voulons porter une réflexion sur les erreurs successives qui ont conduit à la désespérance de bon nombre de militants afin d’éviter de les reproduire. Il nous apparaît urgent de modifier notre fonctionnement interne pour permettre une plus grande prise en compte démocratique des attentes des adhérents-es.

Des citoyens sont en mouvement ; Alternatiba, récemment Nuit Debout… Ces mobilisations sont des marqueurs des évolutions sociétales avec lesquelles nous devons être en capacité d’être un parti interlocuteur. Pour cela, nous ne souhaitons pas enfermer EELV dans une famille environnementaliste qui serait forcément étriquée. Au contraire, nous voulons mettre EELV en situation de dialogue productif avec les mouvements issus de la société.

Nous voulons redevenir crédibles, pour cela nous ne devons plus à l’occasion d’élections, négocier les aspects majeurs de notre programme pour des participations à des exécutifs où in fine un pragmatisme de façade finit par dissimuler un renoncement quotidien. Notre motion se veut ambitieuse pour notre mouvement. Nous voulons construire avec les citoyens investis dans le monde associatif et syndical, des plateformes électorales fortes avec des partenaires fiables.

Il est temps pour nous de mettre la radicalité de l’idéal écologiste au service de notre société. Les problèmes liés à tous les dérèglements sont présents et entrainent déjà des conséquences dramatiques que nous constatons chaque jour. L’écologie est indispensable à leur résolution. A nous de démontrer notre capacité d’être les acteurs du changement.

Dès maintenant mettons l’Écologie en commun.

Le mouvement écologiste entre rupture et institutionnalisation.

Le mouvement écologiste politique s’interroge depuis quelques mois sur la bonne stratégie et plus largement sur le bon positionnement politique qu’EELV doit adopter dans un spectre particulièrement incertain. L’écologie politique est née des combats associatifs menés par des militants fédéralistes contre le nucléaire ou les conséquences négatives de la société industrielle des années soixante. Les lointains pionniers ; « marginaux et originaux » dans la société de la fin des trente glorieuses ont enfanté des militants politiques souvent bien éloignés de leur esprit de lutte.

Depuis les années 80, le mouvement écologiste s’est fait une place parmi les grands partis politiques français. L’écologie politique progressivement se mue d’un groupe de lutte en un parti politique. De là commence les interrogations qui traversent encore notre mouvement et qui se font aigues aujourd’hui. Les forces en faveur de la participation aux différents exécutifs et celles qui incarnent un radicalisme du positionnent sont en lutte permanente, plus ou moins larvée en fonction des succès ou insuccès électoraux. Trouver le point d’équilibre semble difficile, est-il d’ailleurs réellement souhaité par les uns et les autres ?

Le mouvement écolo, c’est la somme des paradoxes !

Premier paradoxe de la situation ; alors les écologistes pensent qu’un changement radical de système et de valeurs est nécessaire pour ancrer la vie humaine de manière harmonieuse dans son cadre naturel, nous sommes également profondément conscients du risque de devenir des Khmers Verts tant la tension entre la liberté individuelle, voir les choix individualistes et cette nécessité de changement sont forts. Le risque de passer de l’image des doux rêveurs aux moralisateurs est forte.

Deuxième paradoxe, notre projet sur bien des points pourrait rassembler un tiers des électeurs (chiffre annoncé par E. Lecoeur dans un Jeudi de l’écologie à Lyon). Toutefois notre mouvement peine à se faire comprendre d’un nombre d’électeurs qui se situe en moyenne autour de 10 %. Notre projet s’il reçoit l’approbation d’un grand nombre apparaît comme un projet pour ménages aisés et détachés des difficultés sociales et économiques du plus grand nombre. La composition du corps militant d’EELV ne peut que donner hélas qu’une confirmation de ce sentiment.

Aujourd’hui, à la caricature du rêveur, ou du moraliste s’ajoute celle des arrivistes. L’image désastreuse donnée par certains élus nationaux ou locaux qui souhaitent participer à tous prix aux différents exécutifs ne fait que troubler un peu plus l’image du parti écolo. Le point d’équilibre dont je parlais au début de mon propos est de plus en plus difficile à trouver. Au point que certains parlent de rupture, de scission.

Etape indispensable : la politique autrement en interne !

Si notre mouvement veut gagner le cœur des électeurs et obtenir leur adhésion, il sera nécessaire de redécouvrir le sens de l’expression « la politique autrement » pour nous-mêmes. Ne plus accepter les petits arrangements entre amis le soir d’un premier tour d’élection pour conserver des oripeaux de pouvoir, ne plus tolérer la saturation de la parole par les spécialistes de la spécialité…mais ouvrir le débat en associant les militants, construire des stratégies ensemble, redistribuer le pouvoir, et enfin incarner le mouvement autrement vers l’extérieur.