Monthly Archives: avril 2016

Ville 30km/heure, ville pour tous-tes.

Dans plusieurs villes de France, dont dernièrement Grenoble, la vitesse maximale autorisée passe de 50km/h à 30km/h. Cette mesure va dans le sens de l’amélioration de la qualité de l’air mais plus largement dans le sens d’une ville plus apaisée.

Afficher l'image d'origine

Toutefois cette annonce de baisse de la vitesse est à pondérer. En effet 50km/heure est la vitesse maximale autorisée, la réalité de la vitesse moyenne en ville est plus proche de 20km/h. La baisse de la vitesse maximale autorisée entraine donc en réalité une baisse de 10 points de la vitesse moyenne.

Pour autant cette baisse de la vitesse moyenne a de nombreux effets positifs pour la vie en ville :

Afficher l'image d'origine

Inverser la hiérarchie des utilisateurs de la chaussée.

On le sait la voiture est un outil de domination. De nombreuses études sociologiques ont démontré à quel point l’Homme et plus souvent l’homme affirmait sa position de domination dès lors qu’il est au volant. Abaisser la vitesse en ville, c’est diminuer sa supériorité de vitesse de déplacement et c’est donner aux modes doux toute sa place et son rôle pacificateur de l’espace urbain.

Sécurité et confort de ville.

– une baisse du nombre d’accidents entre véhicules et piétons ou cyclistes, des accidents moins mortels puisque la mortalité passe de 90 % à 50 % lors de collisions.

– des déplacements en vélos et à pieds par conséquent plus sécurisés par la diminution du différentiel de vitesse entre les véhicules, les cyclistes et les piétons.

– un niveau sonore bien plus faible qui permet un confort de vie supérieur.

Diminution de la pollution atmosphérique et mesure sociale.

Afficher l'image d'origine

Des études récentes effectuées sur Paris intramuros ont démontré que si la pollution était sensiblement la même sur la globalité de la capitale, ses conséquences étaient bien plus marquées dans la population la plus pauvre du 19ème arrondissement que dans celle bien plus aisée du 7ème. Pourquoi ? Les classes sociales aisées ont de multiples occasions de s’extraire de cette pollution : week-end à la campagne, vacances régulières…toutes occasions que ne peuvent pas avoir les plus pauvres forcément confinés dans cette pollution. En diminuant la pollution on participe à l’amélioration de la santé de tous et encore davantage de celle des plus pauvres.

Pourtant les détracteurs de la mesure avancent le fait que les véhicules fournissent un meilleur rendement moteur à 50 km/heure et que la limitation de la vitesse maximale entrainerait une consommation supérieur des voitures et donc une augmentation de la pollution…A cet argument, j’oppose comme je l’écris précédemment que la vitesse réelle n’est déjà pas celle de 50km/h. De plus cette baisse de la vitesse peut permettre la suppression de feux et panneaux stop sur des axes secondaires, ce qui permet de réguler le trafic en limitant les démarrages et freinages successifs.

Les mesures à prendre relève d’un mix conférant à la diminution de la place de la voiture en ville :

– baisse donc de la vitesse maximale autorisée à 30km/h en ville et à 50km/h sur le périphérique ;

– éradication progressive du diesel.

– lors des pics de pollution, circulation restreinte et incitation à l’usage des modes doux ;

– réservation de voies de circulation aux transports en commun et covoitureurs sur les pénétrantes ;

– mise en place d’une zone de circulation restreinte qui pourrait être élargie lors des pics de pollution.

Nul doute que les travaux actuels en matière d’impacts de la pollution liée à l’automobile sur la santé des habitants devra amener des mesures fortes. Les Plans de Protection de l’Atmosphère sont des outils administratifs (diagnostic – information – actions) que les élus municipaux doivent utiliser. Les élus-es écologistes devront là encore montrer le chemin et contribuer à faire évoluer une situation qui n’est plus acceptable au regard de la santé des populations.

Le nucléaire est une impasse financière.

Afficher l'image d'origine

Les coûts incontrôlés de la construction de l’EPR de Flamanville (10 milliards d’euros), le coût annoncé de l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure (35 milliards d’euros), les coûts annoncés de la mise en conformité de nos vieilles centrales nucléaires…interrogent sur le maintien du paradigme nucléaire instauré dès la fin des années 60.

Depuis le modèle de service public de l’énergie issu de la Libération, l’Etat s’est conforté aux règles de concurrence et d’ouverture du marché Européen de l’énergie. La libéralisation du marché de l’énergie, supposée améliorer la compétitivité par une plus forte concurrence n’a pas tenu ses promesses libérales loin s’en faut.

Pour que l’ouverture d’un marché puisse infléchir les tarifs, il est nécessaire que le nouvel offreur soit en capacité financière d’y pénétrer et d’y trouver des perspectives de rentabilité financière à un terme acceptable au regard du montant des sommes investies. Hors pour le marché de l’énergie, le ticket d’entrée est très élevé. Ainsi les opérateurs ont donc intérêt à s’entendre sur les tarifs. Conséquence ; les consommateurs se retrouvent donc face à un prix de l’énergie plus élevé (+33 %).

La pente des coûts du nucléaire est croissantes ; les installations vieillissent et nécessitent des investissements de plus en plus forts pour maintenir leur fonctionnement. On parle de plusieurs millions d’euros pas réacteur, hors la France compte 58 ! Nous sommes face à un mur d’investissement auquel aucun opérateur énergétique ne peut faire face.

Les coûts de maintien en activité des centrales nucléaires, les investissements non rentables dans de nouvelles installations, le coût croissant de cette énergie pour les consommateurs font que le nucléaire est une impasse. Impasse pour la sécurité des citoyens en raison de sa dangerosité et des déchets radioactifs, mais également sur sa viabilité financière.