1 million d’emplois Vs 1 million de signatures

Déjà le million de pétitionnaires contre la loi modifiant le code du travail, loi dite Elkhomeri du nom de la Ministre portant ce projet de loi vient d’être dépassé. Un record. Comment un projet de loi supposé améliorer la situation de l’emploi en France peut-il faire l’objet d’une telle mobilisation contre lui ?

Pierre Gattaz, le vrai Premier ministre ?

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A la manœuvre, en sous-main ; le MEDEF. Après nous avoir promis un million d’emploi grâce aux milliards du CICE alors qu’aucune amélioration significative de l’emploi n’a été constatée, voilà que le syndicat patronal profitant de la situation très dégradée du marché du travail et de la promesse électorale de François Hollande, joue de surenchère pour améliorer son rapport de force face aux salariés et demandeurs de travail.

Les experts du FMI expliquent en concert avec le MEDEF que des freins existent à l’embauche des plus jeunes et des moins qualifiés dans le marché du travail. Ces deux catégories souffriraient d’une « surprotection » de l’emploi. Les mêmes soutiennent l’idée qu’en plafonnant les indemnités de licenciement aux Prud’hommes, qu’en supprimant la majoration horaire pour les heures supplémentaires, qu’en rendant possible des accords d’entreprises par rapport aux accords de branches…..on réduirait le chômage en France….enfin toutes les vieilles revendications du patronat le plus réactionnaire, schémas et arguments du FMI à l’appui.

Face à ce projet, nombreux sont ses opposants : syndicats de salariés, syndicats étudiants, partis politiques….et la présence d’un sondage lancé sur le net qui dépasse maintenant le million de signatures…

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Je fais l’hypothèse que les français sont las de la situation du chômage certes, mais encore davantage de ce discours qui consiste à donner plus au patronat en échanges de promesses jamais tenues. Peu sont dupes de cette politique qui consiste à faire baisser les cotisations pour des efforts toujours plus importants pour les salariés. S’ajoutent à ce ras le bol, les entreprises qui bénéficiant de ses aides en profitent pour augmenter les dividendes et licencier dans la foulée.

Sur le réseau Twitter se multiplie les exemples de vie au travail en 122 caractères et du hashtag #on vaut mieux que ça. Une partie de la population manifeste ainsi son profond dégoût de pratiques en entreprises et du soutien du Gouvernement à ses revendications.

Une politique volontariste, ambitieuse et porteuse d’avenir.

L’amélioration de l’emploi en France passe par d’autres solutions. Cessons avec ce réformisme destructeur. Parmi les pistes intéressantes ; une planification économique vers la transition écologique indispensable : créations de filières importantes pour l’isolation thermique (formation, investissements, recherches et développement, fabrication, services liés) création de filières de démantèlement du nucléaire au profit d’énergies propres, montée en gamme de la production industrielle nationale….

Les syndicats doivent devenir de vrais partenaires. La possibilité offerte aux syndicats d’offrir d’autres services aux salariés (mutuelles par exemple) peut renforcer leur présence dans les PME. Les accords doivent être passés par branche et pas par entreprises. Un accord de branche garantit la non présence de mesures de concurrence entre les entreprises d’une même branche. Surtout si cette concurrence doit se faire sur le dos des conditions de travail des salariés.

Repenser le temps de travail. Les français sont amenés à travailler plus tardivement en âge. Imaginez un système original et novateur en matière de temps de travail sur une vie professionnelle pourrait être porteur de solutions pour le chômage des plus jeunes et des plus âgés.

A n’en pas douter l’avenir du monde du travail et au-delà de l’économie ne passe pas par un alignement de notre modèle à celui des pays en développement ou à celui anglo-saxons qui voit une population au service de l’économie et de quelques capitalistes. Nous devons inventer ensemble un système ambitieux et responsable où chaque les individus sont respectés et responsabilisés. Pour cela je doute que la politique de la provocation et du coup de menton conviennent à aborder les enjeux économiques et sociaux qui sont face à nous.

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