Entre guerre et guerre, quel choix pour les écologistes ?

Des actes isolés et barbares commis au nom de l’Islam, des conflits civils dans au moyen orient qui font des milliers de morts parmi les civils, une intervention militaire en Ukraine non assumée par la Russie…La montée protéiforme du terrorisme dans nos sociétés occidentales bouleverse les populations civiles et interroge sur les mesures opérantes pour y faire face. Dans de nombreux conflits, on constate une disparition de l’Etat et de son rôle régalien d’assumer la sécurité du pays. Tensions communautaires, violence aux profits d’intérêts privés, destruction des Etats au profit de groupes armés…

Gavé d’images de confits notre pays comme les autres pays occidentaux est Occident tiraillé, finit par hiérarchiser les différents conflits en fonction de critères souvent émotionnels. Les Français ont massivement soutenu l’intervention militaire en Libye alors qu’ils semblent s’habituer au conflit Palestino-Israélien.

Dans ce bouleversement qui touche principalement à la sécurité des civils, quel positionnement un écologiste peut avoir ?

Traditionnellement les écologistes sont hostiles à la guerre et préconise la non-violence, l’amitié entre les peuples. L’idée de mener un conflit armé est rejetée au profit du dialogue. A l’opposé la défense des droits de l’Homme met en avant la nécessité de recourir à la force pour protéger des populations civiles. Les écologistes français ont commencé à soutenir le recours aux interventions militaires lors du conflit au Kosovo en appelant à la poursuite des bombardements et à “la mise en place d’une force de police internationale chargée d’intervenir au sol pour rétablir la paix et l’intégrité territoriale du Kosovo”. Cette prise de position fût justifiée par le refus de la lâcheté face aux violences exercées contre des civils. Lors des attentats du 11 septembre l’opposition à la guerre en Irak fut unanime. Toutefois à partir de cette date les considérations envers le recours à la force entrèrent dans une nouvelle phase. L’idée d’une guerre juste est alors apparue minimisant ainsi le concept d’un antimilitarisme idéologique au réalisme des relations internationales. Comme l’a souligné en 2011 Denis Baupin : « Quand il y a vraiment un danger pour le peuple, nous soutenons l’intervention ». Yves Cochet « Nous l’approuvons, oui. On peut être partagé, on n’aime pas la guerre, mais là, il faut intervenir, c’est une sorte de droit d’ingérence ».

La guerre civile en Syrie, le conflit israélo palestinien, la déliquescence de la sécurité des civils dans des parties de l’Afrique, la déstabilisation de l’Ukraine interroge sur le règlement efficace des conflits. Repenser les conflits, leurs résolutions et les modalités d’interventions sont donc un nouveau défi pour les écologistes. Si les buts ultimes, partagés depuis toujours par les écologistes, restent bien ceux de la paix mondiale, les débats à venir devront donc porter sur l’équilibre à retrouver entre violence et droit. Seul cet équilibre à obtenir permettra d’éviter à la fois l’anarchie internationale source de tous les terrorismes et l’isolement des opinions et de leurs gouvernements redoutant les engagements difficiles.

 

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