Monthly Archives: juin 2015

Entre guerre et guerre, quel choix pour les écologistes ?

Des actes isolés et barbares commis au nom de l’Islam, des conflits civils dans au moyen orient qui font des milliers de morts parmi les civils, une intervention militaire en Ukraine non assumée par la Russie…La montée protéiforme du terrorisme dans nos sociétés occidentales bouleverse les populations civiles et interroge sur les mesures opérantes pour y faire face. Dans de nombreux conflits, on constate une disparition de l’Etat et de son rôle régalien d’assumer la sécurité du pays. Tensions communautaires, violence aux profits d’intérêts privés, destruction des Etats au profit de groupes armés…

Gavé d’images de confits notre pays comme les autres pays occidentaux est Occident tiraillé, finit par hiérarchiser les différents conflits en fonction de critères souvent émotionnels. Les Français ont massivement soutenu l’intervention militaire en Libye alors qu’ils semblent s’habituer au conflit Palestino-Israélien.

Dans ce bouleversement qui touche principalement à la sécurité des civils, quel positionnement un écologiste peut avoir ?

Traditionnellement les écologistes sont hostiles à la guerre et préconise la non-violence, l’amitié entre les peuples. L’idée de mener un conflit armé est rejetée au profit du dialogue. A l’opposé la défense des droits de l’Homme met en avant la nécessité de recourir à la force pour protéger des populations civiles. Les écologistes français ont commencé à soutenir le recours aux interventions militaires lors du conflit au Kosovo en appelant à la poursuite des bombardements et à “la mise en place d’une force de police internationale chargée d’intervenir au sol pour rétablir la paix et l’intégrité territoriale du Kosovo”. Cette prise de position fût justifiée par le refus de la lâcheté face aux violences exercées contre des civils. Lors des attentats du 11 septembre l’opposition à la guerre en Irak fut unanime. Toutefois à partir de cette date les considérations envers le recours à la force entrèrent dans une nouvelle phase. L’idée d’une guerre juste est alors apparue minimisant ainsi le concept d’un antimilitarisme idéologique au réalisme des relations internationales. Comme l’a souligné en 2011 Denis Baupin : « Quand il y a vraiment un danger pour le peuple, nous soutenons l’intervention ». Yves Cochet « Nous l’approuvons, oui. On peut être partagé, on n’aime pas la guerre, mais là, il faut intervenir, c’est une sorte de droit d’ingérence ».

La guerre civile en Syrie, le conflit israélo palestinien, la déliquescence de la sécurité des civils dans des parties de l’Afrique, la déstabilisation de l’Ukraine interroge sur le règlement efficace des conflits. Repenser les conflits, leurs résolutions et les modalités d’interventions sont donc un nouveau défi pour les écologistes. Si les buts ultimes, partagés depuis toujours par les écologistes, restent bien ceux de la paix mondiale, les débats à venir devront donc porter sur l’équilibre à retrouver entre violence et droit. Seul cet équilibre à obtenir permettra d’éviter à la fois l’anarchie internationale source de tous les terrorismes et l’isolement des opinions et de leurs gouvernements redoutant les engagements difficiles.

 

Habemus Papam Ecologicum

Le Pape François décidément ne manque jamais une occasion de nous surprendre et de finalement nous séduire quelque peu. Ce qui est plaisant dans la mission que Dieu lui aurait confié c’est qu’il peut dire ce qu’il veut sur à peu près tout. Le cadre de la COP21 lui donne l’occasion de se s’exprimer sur le climat ; causes et conséquences de son réchauffement.

Pour ceux qui souhaitent lire la totalité de son encyclique : http://www.lavie.fr/medias/le-texte-integral-de-l-encyclique-laudato-sii-18-06-2015-64352_73.php

A la lecture de cette encyclique, je me suis délecté en repensant au discours du Bourget du Président François. Ce dernier a laissé tomber sa guerre contre son ennemie la finance pour choisir Emmanuel Macron au ministère de l’économie et Ségolène Royal à l’écologie. Difficile de faire pire. Le Pape évoque la lutte contre le réchauffement climatique, parle d’un défi de civilisation sans précédent. Il rejette le consumérisme, fait l’apologie de la sobriété, dénonce les puissances de l’argent, il remet en cause la légitimité du progrès technique notamment lorsque la science se met au service de la culture OGM, il reconnait la dette écologique entre le Nord et les pays du sud…enfin il exhorte les Gouvernements à agir vite pour sauver la planète menacée de destruction par le réchauffement climatique et le consumérisme.

« La plus grande partie du réchauffement global des dernières décennies est due à la grande concentration de gaz à effet de serre émis surtout à cause de l’activité humaine »

Si cette encyclique est bien perçue en France, elle a fait l’objet de vives critiques des conservateurs américains en pleine campagne à l’investiture présidentielle. Greg Gutfeld de la chaine Fox news considérait le Pape comme l’homme le plus dangereux sur terre !! Lui reprochant pèle mêle de vouloir se faire bien voir par ses adversaires favorables au mariage gay, à la contraception et à l’IVG…et de vouloir succomber au modernisme.

Cette encyclique une fois sa sortie évènementielle derrière nous finira-t-elle par marquer une évolution forte des consciences et des actes qui devront suivre ? Ou bien par l’habituelle lâcheté nos gouvernants se dépêcheront de l’enterrer ? On connait la force de la communication de ces grands évènements que sont les conférences sur le climat. Et ça Dieu seul le sait !

Ségolène Royal collectionne les vignettes de couleur…

Cette chère Ségolène n’est plus à une contradiction politique près. Si on peut lui concéder un bon sens politique, sa véritable préoccupation écologiste reste à prouver. Dernière mesure ; la résurrection de la pastille verte initiée par Dominique Voynet dans les années 90. Mme Royal est contre l’écologie punitive mais en même temps affirme le totem du pollueur payeur, va comprendre ! Les bonnets rouges de Bretagne doivent bien se marrer en l’attendant, eux qui ont réussi à faire plier un Gouvernement sans consistance. D’autres moins polis utiliseraient un autre vocable.

Donc revoici la vignette écologique. On peut mettre à son actif l’importance du rôle des véhicules dans la pollution et la sensibilisation du citoyen. Nos villes sont soumises toutes l’année à un fonds de pollution important dont on ne parle que les jours de pic mais qui chaque jour contribue à la dégradation des conditions de santé des habitants. Il est donc urgent d’agir.

Infographie AFP

Mais pour faire plus simple, les couleurs se multiplient…ainsi les automobilistes vont pouvoir parler au café du commerce sur la couleur de leur propre vignette. De quoi faire parler de futilité pendant que les mesures nécessaires à la lutte contre la pollution automobile et le réchauffement climatique ne sont pas prises. Plus important sur le fonds, la vignette n’est en rien obligatoire. Les propriétaires des véhicules les plus récents apposeront fièrement leur vignette bleue ou verte, pour les autres… Deuxième frein ; toutes les villes n’adopteront pas ce type de mesures restrictives ou avantageuses. Grenoble a annoncé qu’elle mettrait en place le dispositif, Clermont-Ferrand ou Aix-en-Provence y sont opposées. Donc si vous vivez dans une ville de droite, vous pouvez continuer à polluer. L’aspect gadget de cette mesure est donc réel.

La bonne mesure pour lutter contre la pollution automobile reste la limitation drastique de la circulation automobile. Il est plus que nécessaire de mettre en œuvre une politique d’investissement en faveur du développement des transports en commun et plus des autoroutes comme annoncé dernièrement par le Gouvernement, une fiscalité qui rétablirait l’équilibre entre le gasoil et l’essence sans plomb…. bref une vraie politique de fonds et pas des mesurettes typiques d’une politique qui se pare de vertus écologistes mais qui n’est que gadget.