Monthly Archives: mai 2015

Jean ZAY ; de la démocratisation de l’école à la Résistance

Jean Zay entre au Panthéon. Occasion de retrouver les instants forts de sa vie d’homme politique dont les actions résonnent encore dans notre monde contemporain. Pour le commun des mortels il est commun de louer Jules Ferry, Jean Zay reste moins connu. Et pourtant ! Jean Zay avait une vision démocratique de l’école ; il va créer autour du projet éducatif un ensemble de structures éducatives, médicales, sociétales…et former ainsi une véritable éducation populaire. On lui doit la médecine scolaire, les services d’orientation scolaires, le CROUS, l’apprentissage tout au long de la vie…Loin de vouloir favoriser l’élitisme, il a voulu faire que chaque citoyen puisse trouver les ressources et les leviers pour faire de sa vie son propre chef d’œuvre.

« il ne suffit pas de garantir l’accès de tous les enfants à l’école, il veut aussi leur donner les moyens et les mêmes chances de réussir. » 

La réforme du collège dont on parle actuellement s’inscrit dans cette lutte entre une école uniquement capable de favoriser l’élite et une école capable de permettre à chaque jeune de découvrir la culture et de s’en approprier le message. Si la réforme actuelle comprend quelques maladresses, elle s’inscrit dans la démarche de donner à tous les connaissances que les « héritiers » cherchent encore à conserver pour eux. L’esprit de Jean Zay a probablement inspiré quelques conseillers de la Ministre. Manque simplement les moyens. Face à des choix budgétaires, le Gouvernement ne se donne pas les moyens de refaire de l’école une grande cause nationale. Modifier la répartition des heures allouées au profit d’une discipline entre les différents niveaux de classe ne fait pas une politique. Et cette réforme bien qu’inspirée d’une certaine forme de justice scolaire risque d’aboutir à des résultats dont les bénéfices risquent de demeurer insuffisants. Jean Zay est un homme dont nous avons encore à nous inspirer pour faire de l’école un outil de réussite démocratique.

 

Marche contre MONSANTO

Samedi 23 mai est organisée à Lyon la Marche contre MONSANTO. Cet événement, de dimension planétaire, rassemble des citoyens du monde entier pour marcher ensemble contre le projet d’agriculture intensive, génétiquement modifiée et dépendante des pesticides que symbolise Monsanto et son célèbre « Round up » Fin mars, l’Organisation Mondiale de la Santé déclarait que l’agent actif du  « Round up »; le glyphosate, était certainement cancérigène.

Pourtant la Commission européenne a autorisé dernièrement l’autorisation de l’importation et la commercialisation de 19 types d’OGM sur son territoire. Il s’agit de variétés de soja, maïs… destinés à l’alimentation des animaux et des êtres humains, dont 11 sont commercialisés par MONSANTO. Si chaque pays membre est libre d’autoriser ou non l’importation sur son territoire de ces OGM, comment seront contrôler la composition des viandes et des produits finis en circulation sur le territoire européen ?

L’étiquetage des produits alimentaires conventionnels concernant la présence ou non d’OGM est quasi inexistant.  Voici quelques une des marques susceptibles de recourir à la filière OGM.

Ami entends-tu ?….

La guerre Le Pen Vs Le Pen met en valeur le conflit de stratégie de l’extrême droite en France. Derrière les déclarations, provocations, postures des uns et des autres, les soutiens du nébuleux mouvement d’extrême droite se positionnent par rapport à la stratégie dite de dédiabolisation que le clan Bleu Marine cherche à mettre en œuvre. Cette stratégie semblerait avoir marqué le pas lors des dernières élections départementales. En effet alors qu’une première lecture des résultats, on constate une poussée du nombre d’élu FN, une deuxième lecture permet de constater qu’un plafond de verre contient la poussée du parti d’extrême droite. L’association pour un grand nombre d’électeurs du nazisme ou pétainisme au FN reste donc forte.

En Allemagne ou en Italie, l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite s’est faite par une succession croissante de propositions auxquelles le peuple validera chaque étape. L’adhésion des Allemands au nazisme ne s’est donc pas faite directement à partir des grands rassemblements de Nuremberg mais bien avant par une capacité à reconstituer une communauté soudée par une identité commune : « le peuple des sans voix », « le peuple des petits » contre le « monde de la finance », « les européistes », et maintenant « les islamistes »…Pour constituer un socle électorale fort, le fascisme a besoins de désigner un adversaire qui opprimerait un peuple soumis qui aspire à relever la tête.

La stratégie de Jean Marie Le Pen s’adressant trop exclusivement au faible socle naturel de l’extrême droite françaises ; royalistes, pétainistes, catholiques intégristes…n’avait donc aucune chance de lui permettre un accès au pouvoir. A l’inverse la stratégie de Marine Le Pen s’adressant au peuple est singulièrement plus dangereuse. Elle fait le chemin du fascisme en partant du début en s’adressant à tous ceux qui se sentent exclu d’une société où seuls les plus intégrés réussissent. La crise économique que traverse notre pays avec son corolaire de dégradation des liens sociaux depuis plus de trente ans est donc un terreau puissant pour la montée du paradigme fasciste. Marine Le Pen en tenant non seulement un discours populiste mais un discours populaire suscite l’adhésion. Le triste clown Jean Marie Le Pen laisse la place à une habille joueuse de bonneteau dont la démocratie pourrait être à terme la victime.

Sommes-nous condamnés à être les spectateurs inactifs de cette progressive montée au pouvoir de l’extrême droite française ? Non, pour peux que nous sachions nous détacher des « créateurs culturels » qui nous assurent un confortable matelas de 10 % des électeurs pour nous adresser à ceux qui pensent avoir « perdu ». Sortie de l’écologie des bobos pour faire de l’écologie pour tous. Le mouvement écologiste à des solutions pour construire une société de partage et de fraternité. Faut-il en avoir conscience et savoir la faire partager.