Pollution de l’air à Lyon, changeons de modèle.

Notre région et principalement une de ses villes centre ; Lyon a connu ses derniers dix jours une pollution atmosphérique supérieure au seuil habituel. Les conséquences sont particulièrement inquiétantes pour la santé. En France, plus de 8 citadins sur 10 qui sont exposés à un niveau de pollution de l’air dangereux pour la santé. Des études démontrent que si les seuils fixés par l’OMS (10 ug/m3) étaient respectés, l’espérance de vie des personnes exposées à la pollution pourrait gagner 3.6 à 7.5 mois soit environ 16500 décès par an pour la France.

Longtemps considérée comme une conséquence inévitable du progrès de nos sociétés en matière de transports et occultée par la pollution industrielle, la pollution de l’air liée à l’accroissement considérable de notre parc de véhicules (plus de 38 millions de véhicules au total en France, soit 1,5 véhicule par ménage) est à présent devenue en enjeu majeur de santé publique. Ce problème de la pollution de l’air par les transports est encore aggravé par le niveau de diésélisation unique en Europe de notre parc de véhicules : plus de 77 %. On peut s’interroger sur les causes d’une telle situation et sur l’imprévoyance et l’irresponsabilité des pouvoirs publics et des constructeurs qui ont toujours privilégié les véhicules diesel depuis des décennies alors que l’on sait depuis une bonne vingtaine d’années que les moteurs diesel sont de gros émetteurs de particules fines très nocives pour la santé (elles sont officiellement reconnues depuis juin 2012 comme cancérogènes par le Centre International de Recherche sur le Cancer de Lyon).

Pour s’attaquer à cette question de la pollution par les transports, notamment en milieu urbain, le Grenelle de l’Environnement avait lancé l’initiative des ZAPA (Zones d’Actions Prioritaires pour l’Air), permettant notamment aux collectivités qui le souhaitaient de limiter l’accès des centres-villes aux véhicules les plus polluants. Sept communautés d’agglomération, dont Lyon, s’étaient portées candidates mais le gouvernement vient d’annoncer que ces ZAPA depuis abandonnées parce qu’elles s’avéraient en fait inapplicables sur le terrain. Les ZAPA se sont heurtées à la dure réalité économique et sociale : dans notre pays, trois véhicules sur quatre sont des diesels et près de la moitié des voitures les plus anciennes et donc les plus polluantes appartiennent à des foyers modestes qui sont ceux utilisant le plus la voiture pour rejoindre le centre-ville.

Les Lyonnais doivent-ils attendre le renouvellement du parc automobile pour espérer bénéficier d’une meilleure qualité de l’air ? Dans le reportage de TLM ci-dessous, on constate que Gérard COLLOMB nie que la pollution soit le fruit de la pollution automobile, pour lui la pollution viendrait des usines à charbons du nord de l’Europe et de la fertilisation des champs ! Curieusement les zones périurbaines de Lyon ne subissent pas la même pollution que l’agglomération. Une bonne façon de faire de l’électoralisme…tout le monde à compris.


Le JT 23/03/15 par TLM à 4minutes 16 seconde le sujet sur la pollution à Lyon.

Des propositions sont faites, voir communiqué de presse.

Le traitement d’urgence de la pollution :

– transport public gratuit ou à 1 €

– circulation alternée, ou encore circulation des véhicules les moins polluants

– interdiction de circulation en centre ville des camions

– vitesse maximale à 30 km/

Et une politique toute l’année pour réduire la pollution :

– Favoriser les transports en commun par un accroissement fort des subventions publiques au SYTRAL.

– Favoriser l’expérimentation de combinaisons logistiques fleuves/petits véhicules électriques.

– Comme à Amsterdam, mettre sur rail des cargos trams dévolus au transport de marchandises.

– Dédié au transport en vélo un ensemble d’artères et de rue pour permettre un déplacement en vélo sécurisé, rapide et moins pollué.

– Mettre en place un péage urbain à l’entrée de la ville.

– Cesser immédiatement tous les projets d’amélioration des transports en voiture tel l’anneau des sciences.

Enfin, la régulation de la circulation et la dépollution massive et définitive de nos villes (dépollution chimique mais également sonore car le trafic automobile et deux roues génère des nuisances sonores graves elles aussi sources de nombreuses pathologies) passe par l’élaboration de plans « UTEC » (Urbanisme-Transports-Energie-Climat) qui visent à concevoir des villes et quartiers structurés par des objectifs de sobriété, d’efficacité, de diversité et d’accessibilité, tant en matière d’énergie que de transports.

L’éradication de la pollution urbaine et l’amélioration conjointe de l’offre de déplacement qui doit tendre vers la personnalisation du service rendu et être accessible à chacun, quel que soit son lieu de résidence, son âge et sa situation sociale, sont les deux dimensions inséparables d’un même défi. Celui-ci pourra être relevé si nos élus locaux savent faire preuve de lucidité, d’audace et de courage politique et si nous sommes capables d’avoir une réflexion globale.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *