Monthly Archives: mars 2015

Pollution de l’air à Lyon, changeons de modèle.

Notre région et principalement une de ses villes centre ; Lyon a connu ses derniers dix jours une pollution atmosphérique supérieure au seuil habituel. Les conséquences sont particulièrement inquiétantes pour la santé. En France, plus de 8 citadins sur 10 qui sont exposés à un niveau de pollution de l’air dangereux pour la santé. Des études démontrent que si les seuils fixés par l’OMS (10 ug/m3) étaient respectés, l’espérance de vie des personnes exposées à la pollution pourrait gagner 3.6 à 7.5 mois soit environ 16500 décès par an pour la France.

Longtemps considérée comme une conséquence inévitable du progrès de nos sociétés en matière de transports et occultée par la pollution industrielle, la pollution de l’air liée à l’accroissement considérable de notre parc de véhicules (plus de 38 millions de véhicules au total en France, soit 1,5 véhicule par ménage) est à présent devenue en enjeu majeur de santé publique. Ce problème de la pollution de l’air par les transports est encore aggravé par le niveau de diésélisation unique en Europe de notre parc de véhicules : plus de 77 %. On peut s’interroger sur les causes d’une telle situation et sur l’imprévoyance et l’irresponsabilité des pouvoirs publics et des constructeurs qui ont toujours privilégié les véhicules diesel depuis des décennies alors que l’on sait depuis une bonne vingtaine d’années que les moteurs diesel sont de gros émetteurs de particules fines très nocives pour la santé (elles sont officiellement reconnues depuis juin 2012 comme cancérogènes par le Centre International de Recherche sur le Cancer de Lyon).

Pour s’attaquer à cette question de la pollution par les transports, notamment en milieu urbain, le Grenelle de l’Environnement avait lancé l’initiative des ZAPA (Zones d’Actions Prioritaires pour l’Air), permettant notamment aux collectivités qui le souhaitaient de limiter l’accès des centres-villes aux véhicules les plus polluants. Sept communautés d’agglomération, dont Lyon, s’étaient portées candidates mais le gouvernement vient d’annoncer que ces ZAPA depuis abandonnées parce qu’elles s’avéraient en fait inapplicables sur le terrain. Les ZAPA se sont heurtées à la dure réalité économique et sociale : dans notre pays, trois véhicules sur quatre sont des diesels et près de la moitié des voitures les plus anciennes et donc les plus polluantes appartiennent à des foyers modestes qui sont ceux utilisant le plus la voiture pour rejoindre le centre-ville.

Les Lyonnais doivent-ils attendre le renouvellement du parc automobile pour espérer bénéficier d’une meilleure qualité de l’air ? Dans le reportage de TLM ci-dessous, on constate que Gérard COLLOMB nie que la pollution soit le fruit de la pollution automobile, pour lui la pollution viendrait des usines à charbons du nord de l’Europe et de la fertilisation des champs ! Curieusement les zones périurbaines de Lyon ne subissent pas la même pollution que l’agglomération. Une bonne façon de faire de l’électoralisme…tout le monde à compris.


Le JT 23/03/15 par TLM à 4minutes 16 seconde le sujet sur la pollution à Lyon.

Des propositions sont faites, voir communiqué de presse.

Le traitement d’urgence de la pollution :

– transport public gratuit ou à 1 €

– circulation alternée, ou encore circulation des véhicules les moins polluants

– interdiction de circulation en centre ville des camions

– vitesse maximale à 30 km/

Et une politique toute l’année pour réduire la pollution :

– Favoriser les transports en commun par un accroissement fort des subventions publiques au SYTRAL.

– Favoriser l’expérimentation de combinaisons logistiques fleuves/petits véhicules électriques.

– Comme à Amsterdam, mettre sur rail des cargos trams dévolus au transport de marchandises.

– Dédié au transport en vélo un ensemble d’artères et de rue pour permettre un déplacement en vélo sécurisé, rapide et moins pollué.

– Mettre en place un péage urbain à l’entrée de la ville.

– Cesser immédiatement tous les projets d’amélioration des transports en voiture tel l’anneau des sciences.

Enfin, la régulation de la circulation et la dépollution massive et définitive de nos villes (dépollution chimique mais également sonore car le trafic automobile et deux roues génère des nuisances sonores graves elles aussi sources de nombreuses pathologies) passe par l’élaboration de plans « UTEC » (Urbanisme-Transports-Energie-Climat) qui visent à concevoir des villes et quartiers structurés par des objectifs de sobriété, d’efficacité, de diversité et d’accessibilité, tant en matière d’énergie que de transports.

L’éradication de la pollution urbaine et l’amélioration conjointe de l’offre de déplacement qui doit tendre vers la personnalisation du service rendu et être accessible à chacun, quel que soit son lieu de résidence, son âge et sa situation sociale, sont les deux dimensions inséparables d’un même défi. Celui-ci pourra être relevé si nos élus locaux savent faire preuve de lucidité, d’audace et de courage politique et si nous sommes capables d’avoir une réflexion globale.

Le mouvement écologiste entre rupture et institutionnalisation.

Le mouvement écologiste politique s’interroge depuis quelques mois sur la bonne stratégie et plus largement sur le bon positionnement politique qu’EELV doit adopter dans un spectre particulièrement incertain. L’écologie politique est née des combats associatifs menés par des militants fédéralistes contre le nucléaire ou les conséquences négatives de la société industrielle des années soixante. Les lointains pionniers ; « marginaux et originaux » dans la société de la fin des trente glorieuses ont enfanté des militants politiques souvent bien éloignés de leur esprit de lutte.

Depuis les années 80, le mouvement écologiste s’est fait une place parmi les grands partis politiques français. L’écologie politique progressivement se mue d’un groupe de lutte en un parti politique. De là commence les interrogations qui traversent encore notre mouvement et qui se font aigues aujourd’hui. Les forces en faveur de la participation aux différents exécutifs et celles qui incarnent un radicalisme du positionnent sont en lutte permanente, plus ou moins larvée en fonction des succès ou insuccès électoraux. Trouver le point d’équilibre semble difficile, est-il d’ailleurs réellement souhaité par les uns et les autres ?

Le mouvement écolo, c’est la somme des paradoxes !

Premier paradoxe de la situation ; alors les écologistes pensent qu’un changement radical de système et de valeurs est nécessaire pour ancrer la vie humaine de manière harmonieuse dans son cadre naturel, nous sommes également profondément conscients du risque de devenir des Khmers Verts tant la tension entre la liberté individuelle, voir les choix individualistes et cette nécessité de changement sont forts. Le risque de passer de l’image des doux rêveurs aux moralisateurs est forte.

Deuxième paradoxe, notre projet sur bien des points pourrait rassembler un tiers des électeurs (chiffre annoncé par E. Lecoeur dans un Jeudi de l’écologie à Lyon). Toutefois notre mouvement peine à se faire comprendre d’un nombre d’électeurs qui se situe en moyenne autour de 10 %. Notre projet s’il reçoit l’approbation d’un grand nombre apparaît comme un projet pour ménages aisés et détachés des difficultés sociales et économiques du plus grand nombre. La composition du corps militant d’EELV ne peut que donner hélas qu’une confirmation de ce sentiment.

Aujourd’hui, à la caricature du rêveur, ou du moraliste s’ajoute celle des arrivistes. L’image désastreuse donnée par certains élus nationaux ou locaux qui souhaitent participer à tous prix aux différents exécutifs ne fait que troubler un peu plus l’image du parti écolo. Le point d’équilibre dont je parlais au début de mon propos est de plus en plus difficile à trouver. Au point que certains parlent de rupture, de scission.

Etape indispensable : la politique autrement en interne !

Si notre mouvement veut gagner le cœur des électeurs et obtenir leur adhésion, il sera nécessaire de redécouvrir le sens de l’expression « la politique autrement » pour nous-mêmes. Ne plus accepter les petits arrangements entre amis le soir d’un premier tour d’élection pour conserver des oripeaux de pouvoir, ne plus tolérer la saturation de la parole par les spécialistes de la spécialité…mais ouvrir le débat en associant les militants, construire des stratégies ensemble, redistribuer le pouvoir, et enfin incarner le mouvement autrement vers l’extérieur.

Le bio, mouton noir des lobbies productivistes ?

On constate chaque jour la volonté de consommer des produits issus de l’agriculture biologique. Dans la consommation des ménages, dans les écoles, dans certaines cantines d’entreprises. Cette augmentation de la demande existe à la fois en France mais également dans d’autres pays européens. Les citoyens pour un nombre croissant ont bien compris la nécessité de manger sain. Les différents scandales alimentaires, de la vache folle, aux lasagnes à la viande de cheval en passant par la tremblante du mouton et le soja transgénique ont raison des dernières réticences.

Ce mode de consommation est toutefois freiné par son coût. Il reste difficile pour un foyer ayant un seul revenu et des enfants à charge de manger bio, il faut le reconnaître. Le circuit court et pas forcément bio représente une solution plus abordable en termes de rapport qualité prix. Le groupe Carrefour est le premier vendeur de produits bio en France. S’il n’est pas question de promouvoir un géant de la distribution, on peut toutefois lui reconnaître une certaine connaissance du marché. Si ce groupe s’est engagé dans le Bio c’est bien qu’il y a une demande potentielle.

Pour une fois que la demande des consommateurs rejoint l’intérêt écologique, faudrait peut-être en profiter, non ?

Ce mode d’agriculture en France a besoins d’aides financières, pour permettre aux agriculteurs d’assurer la transition entre l’agriculture productiviste et le bio. Hors les moyens attribués à ce mode de production ne sont pas revalorisés, voire sont diminués. L’annonce par arrêté en date du 7 mars 2015 d’une coupe franche de 25 % sur les aides au maintien pour la récolte 2014 ainsi que les difficultés que connaissent les structures d’appui à l’agriculture bio pour développer ce mode de production dans les régions a été faite par le ministère de l’agriculture. Ne plus vouloir accompagner l’agriculture biologique est un mauvais signal envoyé aux agriculteurs, aux consommateurs et à nos territoires.

La France est déjà critiquée sur la qualité de ses eaux, où les conséquences de l’utilisation des pesticides dans notre environnement sont mises en évidence par la disparition des colonies d’abeilles, où l’inefficacité des plans de réduction de pesticides est avérée, où les importations de soja OGM pour les élevages concourent au maintien de la monoculture de maïs.

A qui profite cette mauvaise décision ? Allons une fois encore les puissants lobbies d’une agriculture productiviste sont à la manœuvre. Ne peut-on pas les voir dans cette prise de décision ? Ils sont déjà hyper actifs dans les négociations TAFTA menées au niveau européen. La création de fermes usines ces dernières semaines plaide également vers une industrialisation des élevages et de la production laitière.

Consommateurs et électeurs, réveillons-nous !

Il serait temps que chacun de nous vote aussi avec sa carte bancaire ou son billet de banque. Nos achats marquent des volontés d’engagement vers des systèmes de production très différents. On ne peut plus se cacher derrière le manque de choix proposés. Il y a bien un choix citoyen et un choix « hyperconsommatoriste ». Encourageons le bio par nos achats.

Les politiques tant européennes, que nationales ou encore régionales doivent s’emparer de la transition du modèle agricole. L’accompagnement de la conversion et du maintien des surfaces doit être un axe fort des politiques. Les politiques d’investissement, l’encouragement à l’innovation et au conseil, ainsi que les aides directes aux agriculteurs doivent aller en priorité aux modes de production qui n’utilisent pas de pesticides, d’engrais, d’OGM, et qui favorisent l’emploi, la biodiversité, et la gestion de la ressource en eau. Votons pour des candidats qui s’engagent dans le soutien à l’agriculture bio de nos régions.

8 mars, la femme est l’avenir de la femme.

Chaque année à l’arrivée des primevères, revient la journée de la femme. Temps de bilan sur la place de la femme dans la société, moment parfois de raillerie et de perles de la misogynie. On mesure chaque année l’évolution, heureusement positive, en faveur de l’égalité des femmes et des hommes. Bien sûr, si on compare le rôle de la femme des années 50 avec son rôle maintenant, l’évolution peut paraître très importante, mais c’est une mesure sur plus de soixante ans. La place des femmes dans la société bien qu’elle progresse est encore à gagner dans les chiffres, mais plus encore dans les esprits où les freins plus ou moins conscients sont forts. Et pas seulement chez les hommes…

La loi sur l’égalité professionnelle homme femme a permis une prise de conscience de la nécessité à faire évoluer une situation très déséquilibrée entre les genres. Elle porte ses fruits, mais ces derniers ne poussent pas si vite ! L’accès à des postes de cadres dirigeants reste difficile, réservé à quelques femmes judicieusement misent en avant en terme de communication. Aussi bien dans le domaine privé que dans la fonction publique, les femmes ont encore des difficultés d’accès aux postes les plus importants en termes de responsabilité et de rémunération.

L’écart de rémunération s’explique pour moitié par le taux d’activité des femmes, les femmes sont encore nombreuses à travailler à temps partiel, également pour une moindre part par le niveau de diplôme et de cursus. Le véritable écart de discrimination est de l’ordre de 10 %. Le vrai problème est donc le temps partiel subit. C’est sans doute sur ce point qu’il faut travailler.

Ce fameux temps partiel subit dont les femmes sont les victimes à plus d’un titre. Salaire faible, travail peu qualifié, horaires de travail décousus…la femme est devenue une variable d’ajustement de l’économie tertiaire. Subit par les femmes en raison du grand nombre de postes offert dans ces conditions, subit par les femmes pour leur donner la possibilité de cumuler une activité salariée nécessaire au budget familial.

La gestion quotidienne des enfants, de la gestion ménagère est donc trop souvent laissée aux femmes. Au prétexte que l’homme travail !!!…la théorie du genre s’applique encore avec force ; si le fait de voir un homme passer l’aspirateur ou mettre la table est heureusement plus fréquent, le fait de le voir débarrasser la table, ou repasser le linge reste plus marginal, beaucoup plus. L’image sexy d’un homme en sous vêtement devant un lave-linge reste encore du niveau de l’imagerie gay, cette représentation n’a pas encore touchée les hétéros faut-il croire.

La loi oh combien nécessaire hélas pour faire avancer la cause des femmes et leur juste place dans la société ne peut pas tout. Elle ne peut pas vraiment ou pas assez vite faire évoluer les mentalités. Faut-il que la société compte sur les hommes pour faire une place aux femmes ? Ce serait sans doute un pari perdu d’avance pour que l’accès des femmes à des postes à responsabilité soit effectif. Cette évolution, cette révolution ce sont surtout les femmes qui doivent la mener. Trop souvent, par habitude, par tradition, par précepte religieux supposé et par toutes les mesures conservatrices de nos sociétés, les femmes sont enfermées et  s’enferment parfois elles-mêmes dans ce carcan qui les empêche de construire leur propre destin. Aux femmes et aux hommes qui les soutiennent de se lever et de s’imposer enfin. Le mouvement conservateur existe toujours et l’égalité des femmes et des hommes reste un combat à mener. Les femmes qui ont su se montrer présentes pendant la Grande guerre pour faire vivre le pays, les femmes engagées dans la Résistance, les femmes aux tâches les plus dures dans les usines, les femmes dans la rue dans les combats féministes des années 70…toujours là, inlassablement là, devront encore manifester pour l’application de leurs droits et plus encore pour l’évolution des mentalités. Aragon disait que la femme était l’avenir de l’Homme, c’est toujours vrai mais ne doit-elle pas être aussi la force de sa propre place dans la société ?

AREVA, FESENHEIM…regarder le soleil…

Le fameux fleurons français du nucléaire, AREVA, présente une perte nette de près de 4 milliards d’euros. Tiens tiens le nucléaire perdrait de l’argent ? on nous aurait menti ?…donc chers contribuable il va falloir régler la note ! car Areva est propriété de l’Etat à 87 %.

AREVA : Annus horribilis

Engagée sans compétence  pour une approche globale sur le chantier en Finlande, de diverses dépréciations d’actifs dans les énergies renouvelables, Areva est donc en situation de déficit. Il faudra aussi couvrir les projets de modernisation de certaines installations, comme le réacteur de recherche du CEA à Cadarache.   La crise financière de 2008,  la crainte du nucléaire suite à la catastrophe de Fukushima en mars 2011 et la renaissance des énergies fossiles ont annihilé toutes les perspectives de l’entreprise.  Le marché d’Areva serait inférieur de près de 50 % par rapport aux prévisions. Les dirigeants cherchent maintenant à restaurer la compétitivité de l’entreprise : austérité ! le personnel sera la première victime du plan de redressement, à n’en pas douter.

FESSENHEIM : CA FUIT !

La production de la centrale nucléaire de Fessenheim a totalement cessé depuis samedi soir, un défaut d’étanchéité ayant conduit à l’arrêt de son unité de production n°1 et la n°2 ayant été arrêtée la veille pour maintenance. La plus ancienne centrale nucléaire de France, construite sur une faille sismique devrait fermer durant le mandat de F. Hollande. C’était une de ses promesses de campagne.

On constate donc que le nucléaire français est en difficulté. Les investissements lourds pour les projets de centrale sont amortis sur des durées extrêmement longue – de plus de cinquante ans – la situation de cette énergie controversée pour sa dangerosité,   pour ses déchets radioactifs devient inquiétante pour notre pays. Il est plus que jamais nécessaire de faire évoluer sa part dans le mix énergétique en faveur des énergies renouvelables.