Monthly Archives: août 2014

Monsieur recherche chauffeur…

On vous informe qu’un appel d’offre est lancé pour une mission de chauffeur….en effet un monsieur d’âge mur, considérant qu’il ne peut pas décemment se déplacer en transports collectifs – malgré un abonnement TGV offert en 1ère classe, un nombre important de voyages en avions, et les transports en commun gratuits – recherche un chauffeur pour ses déplacements à Paris…

Circuits en voiture de la gare de Lyon, assez rarement vers le 6ème arrondissement de Paris, quartier du Luxembourg, plus souvent au 55 boulevard Bosquet dans le 7ème où il a des contacts constructifs…consigne particulière : ne jamais passé par la rue de Solferino, ce monsieur est superstitieux…ça lui porterait malheur.

Rémunération pour une année à raison d’un jour par semaine ; 65 000 euros, payés indirectement par les contribuables.

Le doudou des patrons ministre

Source : le lab Europe 1

Le doudou des patrons, oui c’est ainsi qu’est nommé le nouveau ministre de l’économie, M. Macron. Déjà cette nomination fait beaucoup de bruit à gauche, on peut comprendre pour qui se souvient du discours de François Hollande : « mon ennemi c’est la finance.. ».

Au delà de la personne d’Emmanuel Macron, c’est la politique de l’offre qui est affirmée par le Premier ministre et le Président. Sans faire un cours d’économie, mon modeste billet se veut un peu pédagogique.

La fausse bonne idée de la politique de la demande. Demandée par les contestataires de gauche à la politique du gouvernement, favoriser la demande c’est donner du pouvoir d’achat principalement aux ménages. Malheureusement les ménages lorsqu’ils retrouvent des marges de manœuvre financières se tournent vers les produits fabriqués hors de France (matériels informatiques, voitures allemandes, vêtements…) ou pour les plus aisés investissement dans l’immobilier en Espagne ou en Floride !..ainsi notre pays favorise surtout la croissance des autres pays et au passage déséquilibre encore un peu plus notre balance du commerce extérieur. Actuellement notre offre n’est pas capable de répondre à la demande des consommateurs.

Une politique de l’offre dictée par le MEDEF. Voulant sans doute donner des signes forts au patronat, notre gouvernement de gauche et après avoir fait du stop and go, c’est à dire souffler le froid et le chaud sur les chefs d’entreprises a décidé de se racheter en ne faisant que des cadeaux ! Pierre Gattaz boit du petit lait…il veut, il a. Il est certain que la valeur ajoutée sur les produits industriels est particulièrement faible, et  que nos entreprises exportatrices qui n’ont aucune marges de manœuvre commerciales souffrent sur les marchés extérieurs. Malheureusement le pacte de responsabilité ne trie pas les entreprises, ainsi les banques, les grands groupes de la distribution pour ne citer que les plus gênants bénéficient de baisses importantes de charges sur les salaires, c’est dévastateur.  Plutôt que de faire de la dentelle en soutenant les entreprises qui investissent en France, on arrose toutes les entreprises. Les effets d’aubaines sont importants sans aucune contrepartie. On comprend que ce choix économique soit critiqué par la gauche.

Source : actu-environnement.com

La solutions d’une croissance verte. Face à la difficulté du choix de l’offre ou de la demande, une croissance verte apparaît comme la solution incontournable. Plutôt que de chercher à avoir plus de revenus, on pourrait imaginer à terme une diminution des dépenses. Il serait temps que l’Etat encadre les grands choix économiques de la France ; construire un grand plan de transition énergétique, ambitieux et global :

– Favoriser l’investissement dans la recherche et le développement des solutions économisant l’énergie, favoriser les secteurs industriels qui en France pourront mettre en œuvre le fruit de ces recherches, et orientons la fiscalité pour soutenir ce développement…

– Faire clairement le choix d’un mode de transport écologique. Arrêtons de soutenir l’industrie automobile et particulièrement l’industrie du diesel, changeons de modèle industriel et de mode de déplacement…

– Soutenons les solutions alternatives économiques qui ne relèvent pas du principe de concurrence et du marketing mais de la solidarité et du partage….

Heureusement qu’aucun écologiste n’est entré dans ce gouvernement, malgré les tentations…Ce gouvernement ne semble pas vraiment s’orienter vers une transition écologiste et il y a peu à espérer de ce côté là.

 

Réforme territoriale, les cartes à rebattre

 

La dernière grande réforme territoriale remonte aux années 80 et les grandes lois de décentralisation. Depuis quelques années des projets ont été dessinés par les Gouvernements successifs, manifestant la nécessité de faire bouger les lignes de la décentralisation. Avec vingt-six régions, 102 départements, 36571 communes et plus de 17000 groupements de collectivités locales, la France est devenue un enchevêtrement multidécisionnel qui a fini par considérablement compliquer la lecture des responsabilités et finalement éloigner les citoyens de leurs représentants. Il est donc nécessaire de rebattre les cartes et d’adapter notre pays aux différents enjeux économiques, sociaux, et sociétaux.

Sur le fonds, si le Gouvernement a eu raison de lancer cette réforme structurante, il a surement eu tort dans les arguments avancés. En effet vouloir découper des régions en fonction de leur poids démographiques a peu de sens, les régions en Europe ont des tailles différentes sans que cela perturbe les capacités de chacune à exister dans le jeu économique. Annoncer cette réforme avec un objectif d’économie n’a pas non plus de sens ; l’intérêt n’est pas d’économiser mais plutôt d’améliorer l’efficience de chaque euro déployé pour atteindre des objectifs fixés.

Sur la forme, cette réforme semble se faire urgente à l’approche des élections régionales, la plupart des régions étant dirigées par un exécutif majoritairement socialiste, on pourrait considérer cette volonté réformatrice comme une urgence électorale face à un échec annoncé. Le découpage proposé semble également plus tenir compte des exigences de certains-nes barons-nes locales socialistes que de la volonté des citoyens. Amuser « le peuple » avec des noms de régions à inventer touche aussi là à la méprise que peut avoir le pouvoir envers les citoyens. Le débat à une tout autre importance et une toute autre ampleur. Le débat parlementaire va donc devoir faire évoluer les propositions du Gouvernement et améliorer cet ambitieux projet.

Toucher au découpage des régions et à la suppression des départements, est un exercice qui s’il est peut être nécessaire n’en demeure pas moins risqué. Les départements sont issus de la Révolution, ils étaient pour un grand nombre le simple changement de nom d’un territoire existant sous l’Ancien régime, exemple dans notre région du Vivarais devenu le département de l’Ardèche. Les Français ont souvent manifesté un soutien identitaire à ces territoires. Les régions quant à elles, administrativement plus récentes ont été malgré tout construites sur des identités territoriales. Même si des aberrations telles que pour la Normandie scindée en deux ou encore la Loire atlantique séparée de la Bretagne en sont des contre-exemples frappants. Le redécoupage des régions ne doit pas non plus reconstituer les anciennes provinces, et ainsi renforcer une contreculture à l’Etat républicain ; les manifestations surréalistes des bonnets rouges bretons ont montré une capacité régionaliste d’opposition au pouvoir centralisé qui doit nous alerter.

Si on veut adapter la France aux différents enjeux, il est donc nécessaire de s’appuyer sur des socles bien définis qui serviront à sa construction administrative :

Le renforcement des régions : ces collectivités ont fait leur preuve, il faut qu’elles soient les moteurs économiques des territoires. Pour qu’elles puissent assurer ce développement, il est nécessaire qu’elles aient compétences pleines et entière en matière de formation (collèges, lycées, lycées professionnels, centre de formation des apprentis, et pourquoi la gestion des campus universitaires) sur les transports (trains, routes, aéroports) ainsi que sur les grands aménagements. Il est également important de donner aux régions des moyens juridiques et réglementaires ; droit à l’expérimentation/différenciation.

Une clarification sur la clause de compétence : le renforcement de la région passe en partie par sa capacité à pouvoir se saisir de tout sujet. Si le texte actuel laisse aux régions la clause de compétence en matière de culture, de tourisme, et de sport, il me semble nécessaire dans un objectif d’efficacité et de simplification administrative de clarifier le rôle et les responsabilités de chaque collectivité.

L’intégration des départements dans les régions : le texte actuel permet la création d’une collectivité unique en remplacement d’une région ou d’un département. Cette possibilité donnée aux acteurs locaux doit progressivement se mettre en œuvre. Cette intégration n’aura que plus de d’adhésion de la part des habitants qu’elle peut se faire par référendum. Aux élus, aux citoyens de construire ensemble les contours administratif de leur territoire.

Si ce chantier est ouvert et laissé à la discussion et au débat, j’y participe ici modestement, il est nécessaire de l’aborder non pas de manière partisane et électoraliste ce qui aurait les conséquences dramatiques qu’on imagine dans les urnes aux prochaines élections, mais comme la réalisation d’un canevas administratif et économique qui va donner à notre pays, à nos régions, des capacités nouvelles pour construire une France plus performante économiquement et plus démocratique

Le plastique pas si fantastique !

Le plastique pas si fantastique. L’été, les vacances, la plage et…les bouteilles plastiques ! Elles font maintenant partie de notre paysage, c’est moche et ça polluent pas seulement la vue sur la nature, les conséquences sont graves et multiples.

Si ce matériau a révolutionné nos vies, le prix à payer pour son utilisation est catastrophique pour notre environnement. La mer méditerranée compte 3 milliard de déchets dont 80 % sont des déchets en plastique. Le plastique peut être retrouvé jusqu’à 1000 mètres de profondeur. Nous gavons donc les océans sans que ceux-ci ne sachent les digérer. La vie d’un déchet plastique est longue, surtout dans les grands fonds ; plusieurs centaines d’années. Le plancton est analysé depuis une centaine d’année, ce qui apporte des informations utiles à la science. Après observation selon les époques, on constate une importance croissante de la présence de plastique. La plastique ne se décompose pas, il se fragmente et peu devenir de la taille d’un micron. Les plages du monde entier contiennent maintenant ces microns de plastique.

Le tourbillon d’ordure du pacifique nord est maintenant connu de tous. Il résulte des déchets de l’ensemble des pays qui bordent le pacifique, le plastique entre dans un tourbillon dû aux courants et se concentre, stagne pour constituer cette zone de déchets. Nous consommons en moyenne 100 kg par an et par habitant de plastique. Soit 265 millions de tonnes par an dans le monde, et ce pour une utilisation unique (emballage). Seuls 5 % des déchets en plastique sont recyclés.

Les conséquences sont :

– Une détérioration de la chaine alimentaire dans les mers et océans, les plus petits poissons mangent ces morceaux, puis leurs prédateurs mangent ces poissons. etc.

– Les plastiques libèrent des polluants et additifs chimiques qui entrent dans la chaine alimentaire. Personne ne mesure encore toutes les conséquences négatives pour nous de ces polluants. (bisphénol A et pH talâtes…)

– Des animaux étranglés ou mutilés par le plastique (baleine, otarie, volatiles) ; – Un accroissement de la pollution due au transport des bouteilles ;

– Une dégradation du paysage évidente ;

Après ce triste tableau dus à notre consommation et l’inertie des pouvoirs publics pour limiter cette utilisation et contraindre les fabricants à des normes bien plus strictes, que pouvons-nous faire en tant que simple consommateur ? La première attitude à avoir est de limiter au maximum l’utilisation du plastique et particulièrement dans le cas des emballages ; plus d’achat de bouteilles en plastique. Sauf cas régionaux particuliers, buvons l’eau du robinet. Sinon revenons à la bouteille en verre. Limitons également au maximum les déchets, et utilisons les sacs biodégradables. Des solutions simples, très faciles à mettre en œuvre, pour que nos comportements montrent notre engagement à protéger la planète et notre santé.

 

Travailler moins, travailler tous, vivre mieux.

http://www.franceinfo.fr/actu/societe/article/travailler-moins-pour-vivre-mieux-63817

Les mois se succèdent et le chômage est toujours là, et de plus en plus destructeur pour notre société. De la suppression de l’autorisation administrative réclamée et obtenue par le CNPF (ancêtre du MEDEF) dans les années 80, à la baisse massive des cotisations patronales offert par F. Hollande et son Premier ministre, en passant par l’extraordinaire cadeau de la baisse de la TVA pour les restaurateurs…les syndicaux patronaux auront su tirer parti de la situation par des promesses d’embauche bien difficile finalement à prouver. Cette politique de l’offre pourrait améliorer la compétitivité de certaines entreprises, celles qui installées en France, se battent sur un marché international, malheureusement le Gouvernement a décidé de ne pas « trier » les entreprises et toutes bénéficient de ce qui apparaît pour un grand nombre d’entreprises comme un superbe cadeau.

Nos voisins allemands avaient semblent-ils mis en œuvre une politique de l’emploi plus efficace ; créer des sous-emplois sous-payés. Certes le nombre de chômeurs a baissé, mais le nombre de travailleurs pauvres a cru et les électeurs allemands dans leur majorité ont souhaité l’instauration d’un salaire minimum pour mettre fin à des situations visiblement indignes dans un pays dont l’économie affiche une santé florissante.

Si on compare le PIB des années 80 à celui de nos années, on constate que ce fameux PIB source d’emplois et de bonheur consommateuriste a été plus que multiplié par deux alors que dans le même temps le chômage lui est resté bien stable…les faits sont têtus décidément. Une partie de la population est repue de tous les gadgets technologiques, a déjà fait tous les week ends tout compris au départ de nos aéroports, songe déjà à sa future Audi alors que la dernière est toujours sous leasing et qui a déjà l’IPhone 37….tandis que l’autre partie lutte pour repousser des fins de mois toujours plus proche du début, bavant sur le mode de vie des premiers.

Et si on envisageait un autre modèle ? Celui du partage.

Le dernier partage du temps de travail date du Gouvernement Jospin à la fin des années 90. L’aspect a priori dogmatique de la mesure a entrainé plus d’avantage pour les entreprises que ce que les représentants des syndicats patronaux veulent bien le dire ; chaque entreprise ayant une saisonnalité de son activité a su profiter de la souplesse de cette mesure pour annualiser une partie des heures de travail. Cette mesure a donc apporté davantage de souplesse que de création d’emploi.

Pour les salariés, l’avantage du passage aux 35h/semaine a bénéficié peut plus aux cadres qui ont pu obtenir un petit matelas de jours de RTT bienvenu pour compenser des semaines de travail chargées. Les employés et les ouvriers ont été probablement les victimes de cette mesure pourtant de gauche ; les salaires ont été bloqués ce qui a considérablement réduit leur pouvoir d’achat alors que la réduction du temps de travail les a contraint à une productivité accrue. Nicolas Sarkozy l’avait bien compris en réhabilitant la valeur travail et la défiscalisation des heures supplémentaires. Les salariés les plus modestes ont bien entendu le message et en 2002 ont soutenu sa candidature.

Michel Rocard. Source ; La voix du Nord

Pourtant la musique de la réduction du temps de travail reprend ; Michel Rocard dans un entretien au JDD (http://www.lexpress.fr/actualite/politique/michel-rocard-favorable-a-une-reduction-du-temps-de-travail-et-a-la-retraite-a-65-ans_1214019.html) propose une réduction du temps de travail et un départ en retraite à 65 ans, d’autres acteurs de l’économie moins connus abordent également cette possibilité.

 Quels avantages tirés d’une réduction du temps de travail ?

  • Une probable création d’emplois à condition que la réduction soit forte.
  • Cette réduction couterait sans doute des dépenses budgétaire à l’Etat obligé par la situation de compenser l’augmentation des dépenses de personnel, toutefois l’Etat peut le faire dans la mesure de la diminution des dépenses liées à la baisse du coût du chômage ce qui n’accroitrait pas le déficit budgétaire.

Si les avantages sont réels, ils risquent d’entrainer mécaniquement par un effet de vases communicants une diminution des revenus de certains travailleurs. Là où la gauche ne l’avait pas anticipé avec la loi Aubry, il serait nécessaire d’accompagner cette réduction du temps de travail et des revenus de certains par un accompagnement sociétale et un plus grand projet de solidarité nationale. Je m’explique ; cette réforme ne doit pas être vue comme une simple réduction du temps de travail mais comme une démarche solidaire de partage du travail et des revenus. Partager le travail et les revenus doivent s’accompagner d’une révision de la structure du budget des ménages. Autrement dit pour certains ménages, il faudrait gagner moins, dépenser moins et vivre mieux.

Ceci est une piste de réflexion qui mériterait à coup sûre d’être amendée et développée, mais qui permettrait de sortir du face à face ; rigueur/austérité modèle libéral versus croissance/pouvoir d’achat modèle Keynésien. Ces deux approches reposent sur une lutte pour le partage de la valeur ajoutée, ne serait-il pas temps de dépasser le temps de cette lutte pour celui de la solidarité ?