Monthly Archives: juin 2014

L’hiver sera chaud dans les maillots !…

Vite ça chauffe ! Le climat continue de se détérioré, les conditions de vie des Hommes vont se dégrader gravement. Les manifestations de ce dérèglement sont malheureusement visibles sur l’ensemble de la planète : Fonte des glaces en arctique, inondation en Serbie au printemps, désertification d’autres zones, et même à Lyon où le Préfet déclarait il y a quelques jours lors de la présentation du plan bassin d’adaptation climatique dans le domaine de l’eau :

« Il fait aujourd’hui à Lyon le climat d’Avignon il y a trente ans. »

Le changement climatique aura donc des conséquences sur la ressource en eau dont va disposer notre région. Si ce plan insiste davantage sur l’adaptation de nos territoires au changement climatique, il n’en demeure pas moins que l’adaptation si nécessaire qu’elle soit ne doit pas remettre en cause la nécessité de réduire les gaz à effet de serre, responsable du réchauffement climatique. Ce changement d’approche me paraît dangereux, source de déresponsabilisation des différents acteurs du réchauffement climatique.

Comment Lyon pourrait prendre sa part pour lutter contre le réchauffement climatique ?

  • Construction des bâtiments neufs en qualité HQE (haute qualité environnementale) pour limiter l’utilisation du chauffage ;
  • installation de panneaux solaires et photovoltaïques partout où cela est possible ;
  • Limitation du chauffage l’hiver dans les appartements et lieux publics, bannissement de la climatisation ;
  • Végétalisation des toitures planes ;
  • Construction de cuves de récupération des eaux de pluies sous les constructions neuves afin d’économiser la ressource ;

Source : bâtiment de l’INPI en Région Alsace

  • Construction de tours solaires pour produire une électricité propre et éviter l’utilisation d’énergie fossile ;
  • Construction d’éoliennes dans les zones les plus ventée de notre région ;
  • Modification de l’éclairage public avec des solutions de meilleure rendement.

  • Forte limitation des trajets en voiture individuelle et réduction de la vitesse à 30 kms/heure ;
  • Accroissement important des budgets d’investissement pour les transports en commun ;
  • Création d’un réseau ambitieux de pistes cyclables ;
  • Modification des enrobés pour limiter le stockage de la chaleur ;

  • Désimperméabilisation de la voire de la ville afin que l’eau de pluie puisse pénétrer les nappes phréatiques ;
  • Plantation d’arbres, végétalisation des toitures pour retenir l’humidité ;

En Europe, une ville comme Fribourg  https://www.youtube.com/watch?v=4nV3dZ3IxT0 s’est déjà fortement engagée sur ce chemin, elle a réduit considérablement ses dépenses d’énergie. http://www.liberation.fr/hors-serie/2006/05/29/fribourg-la-citadelle-ecologique_40648 En France une ville comme Colmar fait aussi beaucoup pour la transition écologique…

Notre ville, plus au sud ne doit pas s’épargner cette transition, l’anticiper permet de moins la subir. Si le plan climat énergie a été adopté http://blogs.grandlyon.com/plan-climat/ il relève d’une bonne intention et de la reconnaissance de la situation actuelle, mais il manque sérieusement de souffle et d’ambition. L’exemple de la construction du nouveau quartier de la Confluence, quartier trop peu engagé dans l’écologie démontre bien que nos élus lyonnais manquent de beaucoup de souffle. Ne mettons pas l’écologie au service du marketing municipal, il ne s’agit pas de faire l’écologie des pots de géranium et de la pelouse sur les rails de tramway, mais d’engager l’agglomération dans une démarche globale.

Engageons-nous clairement dans ce nécessaire changement de nos mode de vie. Et Vite ! ça chauffe !

Marche des fiertés 2014 ; entre fête et polémiques.

La fréquentation de la marche Gay ou encore marche des fiertés sera importante cette année encore. De par les luttes,  l’évolution des lois, le coming out de personnalités,  les gays et lesbiennes ont pu sortir du placard. De cette meilleur visibilité, l’image de la communauté aux yeux de l’ensemble des citoyens a évolué favorablement. Tant mieux !

Pour la marche, chaque année son mot d’ordre. Et cette année le mot d’ordre fait polémique y compris au sein de la communauté :

«Droit des trans, PMA, IVG, GPA, prostitution : nos corps, nos choix !».

Si certains peuvent descendre dans la rue aux seuls motifs de la volonté de reconnaissance et de la fête, se pose la question de l’opportunité de mettre en avant  la GPA et la liberté de se prostituer.

Les partisans de la manif pour tous, cathos plus ou moins traditionnels et traditionnalistes, ABCD de l’égalité, et tout un tas de groupuscules identitaires se font entendre à Lyon, beaucoup trop. La légalisation du mariage pour tous les a rendu fous de rage, et a cristallisé leurs vieux fonds d’homophobie.  Les récentes expériences scolaires sur le genre ont réveillé tous leurs fantasmes… Et à force d’activisme,  ils ont réussi à trouver l’oreille de politiques, plus seulement d’extrême droite mais aussi UMP/UDI…voir le site qui récence les élus opposés au mariage pour tous : http://www.chartedesmunicipales.fr/

source : http://www.fierte.net/

La marche des fiertés aurait pu être une forte démonstration de soutien d’un maximum de citoyens à la cause gay. En fédérant tous les gays et gays friendly la marche gay  pourrait être un succès médiatique propre a peser sur les débats et a  relativiser le poids de ses adversaires politiques.

Le mot d’ordre de soutien à la GPA et à la liberté de prostitution trouble les partis de gauche dans leur ensemble, comment pourrait-il ne  pas en être autrement ? Les différents articles parus dans la presse alimentent le débat, font du buzz  et redonnent de la résonnance à LMPT (La Manif Pour Tous) hélas.

Il me paraît donc dommage d’avoir choisi un mot d’ordre si clivant. Dommage de prendre le risque d’être  moins nombreux,  de se retrouver au centre de nouvelles polémiques dont la communauté n’avait pas besoins, à l’heure où ses détracteurs donnent de la voix et trouvent un écho politique à leur rejet des gays et lesbiennes.

Mais la fête sera toujours là…

 

Rhône Alpes Auvergne : une synergie à trouver.

La réforme des collectivités vient d’arriver, toute chaude encore ! Cette décision de fusion des régions prend forme rapidement juste à la sortie du scrutin européen, comme pour faire oublier ce mauvais épisode pour la majorité présidentielle. C’est peut-être d’ailleurs le premier souci de cette réforme ; l’absence de concertation et de débat démocratique au niveau des assemblées régionales.

Ce découpage territorial ou plutôt ce regroupement territorial doit nous poser un certain nombre de questions sur sa raison d’être sur le fonds et sur la méthode pour y parvenir.

Sur le fond ; lorsque les lois de décentralisation ont été mis en œuvre au début des années 80, la philosophie était de rapprocher le pouvoir des habitants, de faire descendre le pouvoir au plus près du citoyen. La volonté de regroupement des régions s’inscrit-elle toujours dans cette volonté initiale ? Il semble que le Gouvernement ne soit plus vraiment dans cette démarche mais plutôt dans ce que ce regroupement pourrait économiser en termes de fonctionnement. C’est peut être dommage ; les résultats récents des élections européennes ont montré pour une part, le souhait des citoyens d’avoir des élus plus proches de leur préoccupation. En éloignant le pouvoir de décision, on prend le risque d’un rejet d’une partie de nos concitoyens déjà échaudée par le fonctionnement de l’Europe.

La finalité de faire des économies se justifie-t-elle à ce point ? Le nombre de fonctionnaires au niveau des Régions n’est pas élevé au point de justifier cette réforme. Donc pas d’économie rapide et d’amélioration de la situation du budget de l’Etat en vue. Cette réforme pourrait par contre être l’occasion d’adapter les Régions aux besoins des territoires en matière économique et de créer des pôles de compétences forts. Le soutien d’une Région plus forte peut alors trouver toute sa légitimité. Cette réforme pourrait amener à une forme de liberté fiscale, qui viendrait soutenir des projets novateurs en terme économique, mais aussi en ce qui concerne la formation professionnelle pour accompagner ce développement. Ce nouveau poids donné à la région pourrait aussi donner des marges en matière écologique : innover, promouvoir la transition écologique, la mettre en œuvre.

Si on veut donc une Région en pleine capacité pour soutenir son économie, il faut que ses frontières administratives prennent en compte cette réalité économique. Notre région actuelle s’est développée autour de l’axe vallée du Rhône et de l’arc Alpin, autour d’un triangle Lyon/ Grenoble/Saint Etienne. Se regrouper avec l’Auvergne modifie forcément les flux de développement et on cherche la cohérence de cette vallée du Rhône/arc Alpin avec l’Auvergne ? L’élargissement de la région à ce qui est l’aire d’influence de nos trois grandes villes pourrait mieux se concevoir : élargir la région Rhône Alpes à la Haute Loire au sud est, à la Saône et Loire au nord, pourquoi pas aux Hautes Alpes plus au sud serait une chance pour donner de la cohérence à notre ensemble. Un débat plus en profondeur reste à venir.

Sur la forme, il serait temps d’éloigner les tentations de martingale électorale ; le risque fort d’échec du parti socialiste ne doit pas entraîner le Gouvernement dans des découpages et regroupements favorables à un résultat électoral. On sent dans l’ensemble des différents regroupements la patte de certains caciques socialistes, c’est peut être dommage. Il ne faudrait pas que d’exceptions en exceptions ce projet se vide de sa substance. Le Gouvernement doit trouver la bonne vitesse de réforme ; se donner des dates intermédiaires et des dates finales. Il faudra aussi résister à la pression de bons nombres d’élus, soucieux de pérenniser leur situation. La suppression des élus départementaux laissera des traces et des rancunes en même temps que des interrogations de fonctionnement.

Nous sommes devant un bigbang territorial. Les évolutions de cette ampleur n’arrivent que tous les cinquante ans ! Il peut refonder le rapport entre un pouvoir centralisateur et des Régions dynamiques présentes pour le soutien au développement des territoires. Ne pourrait-il même dépasser le cadre de cette réforme par une évolution vers la VIème République ?