Rythmes scolaires ; une belle occasion manquée.

 

L’annonce de la modification des rythmes scolaires avait été faite lors de la campagne présidentielle par François Hollande. Vincent Peillon, déjà pressenti pour devenir ministre de l’Education nationale avait alors esquissé ce qui allait devenir la mesure la plus importante de son passage dans ce ministère.

La réforme était de taille ; refondre les rythmes scolaires de manière à permettre une meilleure prise en compte des rythmes biologiques de l’enfant et d’offrir à tous les enfants des activités périscolaires de qualité. Pour parvenir à ces objectifs ; il était nécessaire que les enfants viennent en classe le mercredi matin ou le samedi matin, ainsi le temps de travail scolaire serait mieux réparti sur la semaine avec des journées de travail plus courtes. A ces heures de cours viendraient s’adjoindre des activités dites périscolaires dont le choix était laissé aux équipes municipales en fonction des situations locales.

Une belle occasion ! On allait permettre en plus d’une amélioration de la répartition du travail scolaire, d’offrir à tous les enfants une ou des activités périscolaires. Ces activités ne devaient en aucun cas être de la garderie améliorée, mais être de véritables activités de découvertes et d’apprentissage dans des domaines qui s’ils n’étaient pas pédagogiques au sens propre du terme n’en auraient pas eu moins des vertus d’éveil et de formation oh combien importantes dans la construction d’un enfant. Dans une grande agglomération comme la nôtre avec un nombre impressionnant d’associations, d’acteurs du système culturel, artistique ou encore sportif on avait là une occasion incroyable d’offrir à ceux qui n’ont habituellement que l’écran de la télévision ou de la console, des activités de qualité.

Malheureusement cette réforme ambitieuse et nécessaire s’est heurtée à un calendrier électoral et aux freins des conservatismes. Au calendrier électoral : les élections municipales étaient l’occasion d’un débat proposition contre proposition, d’associer un maximum de concitoyens au projet notre jeunesse. Le débat fût bien différent ; suivant les communes, on a assisté au pire ; à des combats de la droite contre la gauche, ou comme à Lyon à un non débat, le Maire refusant de s’exprimer largement sur le sujet. Au conservatisme : le mercredi matin ou le samedi matin redeviendrait un jour d’école, les enseignants après avoir contesté les différentes mesures contre l’école prises par le Gouvernement de Nicolas Sarkozy étaient mis devant leur choix. Allaient-ils faire le choix de l’enfant ou celui d’un planning personnel plus confortable ? Aux parents qui ont les moyens matériels de faire pratiquer dès le mercredi matin des activités à leurs enfants, et qui auraient dû réaménager leur organisation personnelle.

La proposition de la mairie de Lyon est indigne ! La répartition du temps scolaire qui devait s’améliorer est pire qu’avant. Les heures de cours se concentrent davantage sur le début de semaine ; lundi, mardi, mercredi matin, jeudi, et vendredi matin. Sont placées uniquement le vendredi après-midi les heures consacrées au périscolaires, en fin de semaine donc. Ainsi le déséquilibre entre le début et la fin de semaine est encore plus marqué, à l’inverse de la réforme annoncée. Toujours pire ; le coût pour les familles apparaît comme une provocation ; de 2 à 19 euros par mois alors que c’était initialement annoncé pour être le coût annuel !

Dommage que de telles propositions viennent d’une majorité municipale de gauche. On devait mettre l’école au rythme de l’enfant, elle est encore plus qu’avant au rythme des adultes. Ce projet doit être validé par le Conseil des écoles, souhaitons qu’une majorité se prononce pour un projet qui ait un vrai sens pédagogique, un vrai sens pour l’avenir de nos enfants.

 

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