Merkel un rempart contre les barbaries.

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source : Le Monde

Triste dimanche électoral pour Angéla Merkel qui vient de subir de la part des électeurs de sa région un camouflet démocratique. Ces derniers se sont exprimés fortement pour le parti d’extrême droite de l’AfD. Triste et totalement injuste. Une partie des électeurs Allemands troublée par l’arrivée des migrants n’a pas compris les positions de la Chancelière et lui fait payer le prix de ses choix humanistes, mais pas que. Debout et droite dans ses valeurs humanistes, Mme Merkel a affirmé son opposition à mener une politique de rejet. Plus encore elle considère justement que ce n’est pas en tenant le discours des partis xénophobes qu’on contient leur monté. Une position que le parti Les Républicains en France devrait entendre.

Nous sommes 500 millions d’Européens. Accueillir un million de réfugiés menacerait donc nos équilibres démocratiques, sociaux, économiques ? Comment nous offusquer des attentats commis par Daesh et rejeter ceux qui fuient au péril de leur vie une politique de mort en Syrie ? Comment rejeter cette montée de l’islamisme radical en France au nom de l’esprit des Lumières et en même temps craindre d’ouvrir nos démocraties à ceux qui rejettent ce même obscurantisme ?

Les électeurs Allemands comme hélas probablement les électeurs Français dans quelques mois apeurés par une situation d’immigration semblent vouloir confier leur destin à l’extrême droite. Pourtant ces réfugiés à bien les regarder nous ressemblent. Souvent de classe moyenne, éduqués, aspirants à une démocratie à l’occidentale, ils sont nos meilleurs alliés au sein de l’Europe contre ceux qui sont tentés par la radicalisation islamique. Mme Merkel dans une vision humaniste mais aussi démocratique et de paix a compris avant bien d’autres que l’accueil de ces réfugiés était un geste fort qui ferait écho chez nos partenaires des pays arabes, ce geste est un signe vers l’intégration des musulmans dans nos vieilles démocraties marquées à la fois le message chrétien de l’autre et l’esprit des Lumières. Intégration que rejettent à la fois les islamistes radicaux et l’extrême droite.

Si on croit que c’est Mme Merkel qui dimanche a pris une leçon, on se trompe. Elle a été injustement sanctionnée pour une politique qui pourtant représente le meilleur rempart contre les barbaries.

Itsi bitsi petit burkini…

Les attentats en France qui ont marqué cet été, auquel s’ajoute dernièrement « l’affaire du burkini » auront mis en effervescence si ce n’est beaucoup de français, la totalité de la presse et des réseaux sociaux. De bons sentiments aux prises de positions les plus radicales, la France aime à discuter jusqu’à la division. Le débat sur le burkini, version estivale du voile islamique des villes nous enflamme. Cette tenue semble cristallisée sur elle bien des maux de notre société. Tous s’entremêle, en vrac : libertés individuelles, laïcité, droit des femmes, montée de l’islamisme et islamophobie, rejet de la différence, provocations, faillite du modèle d’intégration…Dans le contexte des attentats et du dénombrement des morts, cette polémique ne pouvait que prendre de l’ampleur. Des élus d’une droite conquérante et réactionnaire mettent en place des arrêtés municipaux pour interdire le burkini sur les plages pendant qu’une partie de la gauche gênée renâcle à aborder ce sujet miné par l’ombre de l’extrême droite.

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Source : Charlie Hebdo Août 2016

Les faits sont là ; une partie de nos concitoyennes musulmanes souhaitent par influence de la religion porter des tenues vestimentaires supposées conformes avec leur religion. Du simple foulard, on passe progressivement à des voiles couvrant plus largement le corps, à maintenant le port du burkini sur la plage. Alors, effet de mode ? Simple choix fait en conscience ? Provocation ? Réislamisation des musulmans-nes de France ? C’est bien sur la signification de tenues que se posent des questions. Pour ma part, je trouve que ce burkini a finalement l’intérêt de nous questionner sur ce qu’on dénomme par facilité « le modèle Républicain » et sur la place de chacun-ne dans notre démocratie. Pour avoir lu beaucoup d’articles de presse et un grand nombre de réactions sur twitter j’observe au moins un clivage fort sur la différenciation religieuse.

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Source : MétroNews Août 2016

D’un côté ceux qui considèrent que tant que leur propre liberté n’est pas menacée, chacun peut faire ce qui lui plaît, vivre ses idées et sa religion comme bon lui semble. Cette approche anglo-saxonne d’un monde libéral et communautarisé semblerait d’après moi avoir plutôt la faveur des jeunes générations davantage habituées à se confronter à un monde composite. Une manière de vider la laïcité française de son contenu au nom du multiculturalisme qui prétend lutter contre l’islamophobie. Très curieux de voir certains qui s’offensent de l’approche de genre considérer qu’une femme peut naturellement se soumettre dans la mesure où c’est son choix. Certains vont jusqu’à traiter par les vocables pour le coup très confortables d’islamophobes ou de laïcards ceux qui ont une vision moins libérale de la société.

De l’autre, celles et ceux qui ont connu une époque de luttes collectives pour les droits émancipateurs des femmes, une génération marquée par la marche des Beurs pour l’égalité, par l’association Touche pas à mon pote…qui ont grandi avec des musulmans sans que ceux-là soit encore dénommer la « communauté musulmane ».

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Source : Flashactus.com Août 2016

Si le burkini suscite tant de mots c’est bien que l’islamisme est à l’œuvre dans une conquête idéologique par une occupation de l’espace publique. Nous sommes dans une guerre d’usure où nous avons du mal à faire valoir notre patrimoine civilisationnel sans passer pour d’horribles post-colonialistes. L’islamisme radical cachant la réalité de la Charia joue la carte des droits de l’Homme contre une « certaine vision de la France ». Les femmes qui le portent, peut être inconsciemment pour certaines, démontrent leur non appartenance à nos valeurs d’égalité et d’émancipation. L’idée qu’une femme puisse se couvrir au prétexte qu’elle serait impure ou impudique m’insupporte totalement. S’il m’apparaît souhaitable de pouvoir vivre sa foi dans des conditions dignes, je conteste aux radicaux de considérer la culture française comme optionnelle. En tant qu’écologiste je milite pour une émancipation des hommes et des femmes contre les obscurantismes, la question du droit des femmes et de l’égalité homme femme n’est pas à relativiser.

Puisse cette polémique faire que des voix fortes françaises musulmanes puissent émerger dans le débat, pour que cette religion puisse se transposer dans notre culture et que nos concitoyens puissent retrouver l’envie de faire ensemble pays commun. Bel été au soleil.

Nice ; changeons enfin le logiciel !

Ce terrible acte à Nice, après maintenant une liste trop longue d’attentats prémédités et commandités, vient nous bouleverser. Hagards nous sommes par le nombre de morts et blessés, hagards nous sommes par le nombre d’enfants, hagards comme des humains devant l’inexplicable, la perte de la raison.

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Le fait que ce soit à Nice qu’ait eu lieu cet acte fou ne fait que davantage attiser des antagonismes politiques ; un Gouvernement à bout de souffle où la cacophonie fait règle, un Président de la République visiblement débordé par la succession et l’intensité d’évènements, la droite pan bagnat relayée dans ses délires sécuritaires par une partie des caciques conservateurs…révélation d’une classe politique totalement dépassée par un logiciel visiblement obsolète.

Conséquences de ces actes barbares, nous comptons plus de deux cents morts sur en France métropolitaine à ce jour, en avons-nous pleinement conscience ? Jusqu’à ce jour on ne constate que surenchères et inefficacités. Surenchères destinées à exciter les peurs et les rejets. Des soupçons assumés portés sur la population magrébine à la volonté d’armer la police de lance-roquettes, on se demande à ce rythme combien de kilomètres de barbelés il faudra installer pour nous protéger. Inefficacité de dispositifs militaro-policiers dans les villes ; le dispositif sentinelle qui comprend dix milles militaires en armes occupés à constituer un semblant de sécurité, sachant que ces forces ne peuvent utiliser leur armes. Des forces de police épuisées par un maintien de l’ordre depuis plusieurs mois, des forces armées dont l’efficience est poussée jusqu’au point de rupture…et maintenant le Chef de l’Etat engage la réserve citoyenne…bientôt les scouts de France ?

Les Français doivent exiger un personnel politique à la hauteur des défis auxquels nous sommes confrontés. De vérité il s’agit. Exigeons l’arrêt de ces mesures de communication politique.

Informer et former les citoyens aux comportements de vigilance.

– Informer et former les citoyens aux comportements de vigilance. Les Français soucieux de ne pas baisser la tête veulent continuer à vivre tel qu’ils le souhaitent ; bel acte de résistance qui nécessite toutefois la conscience du danger et des bons comportements à avoir dans les lieux publics. Il ne s’agit pas de transformer le citoyen en flic mais de de le rendre acteur pour partie de sa sécurité et de celles des autres.

Remettons la police en civile

– Remettons la police en civile ; le renseignement, la pénétration des réseaux, un maillage d’informateurs dans les banlieues donneront plus de sécurité que le déploiement de militaires. Ce n’est pas un binôme de deux gamins en treillis qui empêchera un furieux d’agir. Les politiques ont trop voulu satisfaire à la communication ; déployer du kaki veut donner le sentiment de la prise en main de la situation, mais ne règle en rien les causes du mal.

Hissons-nous à la hauteur de l’histoire ; loin des surenchère et des angélismes, c’est de calme et de détermination dont nous avons besoins.

 

Vers une politique industrielle européenne en faveur des territoires

Le thème du chômage de la désindustrialisation sera au cœur des débats politiques liés aux élections présidentielles et législatives. La désindustrialisation de la France est une catastrophe économique, lourde de conséquences négatives pour les territoires : chômage, paupérisation, perte de dynamique économique, sentiment d’abandon des populations les moins formées, monté des votes de repli…

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source ; Sénat

Depuis des décennies le débat est pour partie faussé pas par des positions simplistes. S’opposent le modèle du low cost basé sur la nécessité de la baisse des coûts du travail qui justifie une mondialisation débridée versus un modèle industriel cocardier du « made in France » porté par une vision nationaliste totalement dépassée. De ces débats réducteurs, les français pensent communément que les écologistes seraient favorables uniquement à l’artisanat, que nous rejetterions l’industrie jugée polluante et productiviste. Nous écologistes devons combattre cette idée fausse et porter haut notre approche dans un débat dont nos adversaires politiques veulent nous exclurent.

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Le tissus industriel français souffre de difficultés structurantes par rapport à ses concurrents ; un secteur composé à près de 85 % de PME/PMI. Ces industries souvent soumises à des donneurs d’ordre luttent pour survivre en alignant leurs coûts de production sans parvenir à dégager les marges indispensables à la recherche et au développement, à la montée en gamme, au concept de qualité global. La stratégie industrielle française a produit des mastodontes censés par leur puissance financière faire face à la concurrence mondiale. Cette stratégie est pour partie un échec industriel. Il ne suffit pas de « gonfler » le moteur d’industries françaises pour en faire des géants adaptés au marché mondial. La dernière preuve de cet échec ; AREVA et EDF. Ironie de l’histoire s’en sort l’industrie soutenue à bout de bras par la politique militaro-industrielle du Président Hollande.

Pour nous écologistes, plus que jamais l’Europe doit être le moteur industriel des territoires. Hors la stratégie industrielle européenne fait défaut. L’opportunité de faire coïncider les nécessités de réduction du réchauffement climatique et de développer les territoires via une politique industrielle est forte. Les secteurs industriels du transport, de l’énergie, du bâtiment sont porteurs d’avenir, et notre pays est fort d’entreprises innovantes dans ces domaines.

Pour réussir cette politique industrielle volontariste et ambitieuse, il faut orienter les choix européens vers le changement d’échelle industriel pour la France. Passer de la PME/PMI à l’ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire). Pour cela il est nécessaire de mettre en place :

– une fiscalité plus favorable au PME/PMI notamment en favorisant une production vertueuse dans sa consommation d’énergie et ses rejets industriels.

– un soutien aux innovations d’avenir ; technologiques mais aussi sociales. Plus que jamais cette mutation industrielle doit engendrer son corolaire social (formations des personnels, plan de carrière, dialogue permanent avec les syndicats)

– l’intégration de ces ETI dans des territoires structurés par l’économie circulaire.

Cette stratégie orientée vers les territoires et les entreprises de tailles intermédiaires ne peut réussir sans une mutation du paradigme économique européen. Il est indispensable à la fois pour la réussite industrielle mais encore davantage pour le soutien démocratique des peuples à l’idée européenne de favoriser les échanges extra-européens en tenant compte de critères sociaux et environnementaux intégrant d’éventuels mesures financières compensatoires. Ces fonds européens doivent permettre d’assurer aux salariés une sécurité professionnelle pendant les temps de mutation et de restructuration, de formation et de reconversion.

Ne pas douter que le débat politique sera préempté par les opposants de tous poils à la construction européenne. Nous écologistes ne devons pas renoncer à notre idéal européen pour un point ou deux à une élection. Ce n’est pas en dévalorisant l’Europe au profit d’un repli national qu’on permettra aux salariés de travailler, mais en donnant une direction d’avenir européenne.

Tout est là, il ne manque plus que nous…

radicalite

La financiarisation de l’économie, l’influence de puissants lobbies internationaux, le terrorisme… sont très préoccupants pour nos démocraties. Le souhait des Hommes est de vivre dans un monde sécurisé par une paix durable, un environnement préservé, une constante amélioration des droits. Cette aspiration est menacée par la montée des égoïsmes qui finit par nous mettre dans l’incapacité de faire ensemble maison commune. Face à ces menaces l’écologie est la seule solution.

Alors que notre approche écologiste devrait naturellement s’imposer, nos résultats électoraux oscillent entre moins de 5 % des voix, parfois proche de 20 % dans des circonstances très favorables.  Pour faire simple, nous sommes satisfaits au-delà de 10 % !  Souvent empêtré dans des querelles internes, nouant des alliances politiques variables, parfois au détriment de nos convictions profondes, EELV a fini par apparaître non seulement un parti comme les autres, mais un parti pire que les autres aux yeux des électeurs.

De ce constat, j’ai choisi de m’engager en signant pour la motion  ‘’Écologie en Commun“ afin que notre mouvement gagne en crédibilité et atteigne désormais la maturité politique que les Français-es exigent de nous.

Nous voulons porter une réflexion sur les erreurs successives qui ont conduit à la désespérance de bon nombre de militants afin d’éviter de les reproduire. Il nous apparaît urgent de modifier notre fonctionnement interne pour permettre une plus grande prise en compte démocratique des attentes des adhérents-es.

Des citoyens sont en mouvement ; Alternatiba, récemment Nuit Debout… Ces mobilisations sont des marqueurs des évolutions sociétales avec lesquelles nous devons être en capacité d’être un parti interlocuteur. Pour cela, nous ne souhaitons pas enfermer EELV dans une famille environnementaliste qui serait forcément étriquée. Au contraire, nous voulons mettre EELV en situation de dialogue productif avec les mouvements issus de la société.

Nous voulons redevenir crédibles, pour cela nous ne devons plus à l’occasion d’élections, négocier les aspects majeurs de notre programme pour des participations à des exécutifs où in fine un pragmatisme de façade finit par dissimuler un renoncement quotidien. Notre motion se veut ambitieuse pour notre mouvement. Nous voulons construire avec les citoyens investis dans le monde associatif et syndical, des plateformes électorales fortes avec des partenaires fiables.

Il est temps pour nous de mettre la radicalité de l’idéal écologiste au service de notre société. Les problèmes liés à tous les dérèglements sont présents et entrainent déjà des conséquences dramatiques que nous constatons chaque jour. L’écologie est indispensable à leur résolution. A nous de démontrer notre capacité d’être les acteurs du changement.

Dès maintenant mettons l’Écologie en commun.